Immersion totale partie 14 : une petite nouvelle issue de l'univers de Thomas Robin

 

Immersion totale partie 14 : une petite nouvelle issue de l'univers de Thomas Robin

IMG_11455

Thomas faisait l'impossible pour essayer de se montrer le plus nonchalant possible mais le froid finissait par le percer complètement et une sourde angoisse lui murmurait qu'il était un fieffé imbécile d'avoir eu une idée aussi stupide.

Olga se porta une fois de plus à sa hauteur pour répéter une fois de plus dans un charmant accent qu'il trouva une fois de plus exaspérant :

- Toi, fou!

- C'est tout ce que tu sais dire? répondit finalement Thomas ....Et toi....toi pas folle peut-être d'être venue te perdre dans ce pays et d'avoir donné ton passeport à un taré ?

- Moi pas donner, lui prendre...

- Oui, et bien tu serais restée tranquillement chez toi,il n'aurait pas eu l'occasion de le prendre ! C'est encore loin? lança-t-il à l'adresse de Nick Leroux qui marchait devant eux.

- T'inquiète, on arrive !

- On arrive? on a déjà fait au moins deux kilomètres à pied au bord de ce canal et...

- Mais c'est qu'il est inquiet subitement notre petit coq ! Si c'était pour faire dans ton froc et bien il ne fallait pas venir!

- Toi laisser partir lui, jeta Olga. Lui rien à voir avec...

- Oh mais c'est qu'il te plaît vraiment notre star ! C'est lui qui a demandé, alors te mêle pas de ça, il le veut son rôle, non? découvrir la vraie vie des bas-fonds ça le branche, alors qu'il arrête de claquer des dents, ça me saoule!

- Mais je ne ....

Nick le Roux se retourna.

- La ferme Robin ! mets juste un pied devant l'autre c'est tout ce qu'on te demande.

Un léger tintement retentit à ce moment provenant de la poche du jeune acteur.

- C'est quoi ça encore !

- Sûrement ma copine, elle a déjà appelé plusieurs fois, laisse-moi lui parler.

Il sortit le portable.

- Philip, murmura-t-il, en voyant le nom s'afficher sur le cadrant lumineux.

Comme il s'en voulait, son ami devait être mort d'inquiétude.

Il s'apprêtait à répondre mais l'autre lui arracha le téléphone des mains.

- Joli engin! je pense que je vais oublier de te le rendre !

- Enfoiré! je dois lui...

Nick Leroux le saisit à la gorge.

- Je ne veux plus t'entendre prononcer le moindre mot ! D'ailleurs nous sommes arrivés alors tâche de bien te tenir ou tu pourrais bien ne plus jamais avoir l'occasion de jouer dans l'un de tes films débiles !

Thomas essaya de reprendre son souffle. Il massa son cou douloureux tout en tentant de localiser l'endroit mais n'importe quelle impasse sordide de Londres devait ressembler à cette rue sombre et étroite.  Les lampadaires avaient été brisés par des briques dont ils restaient les vestiges sur le trottoir encombré d'ordures de toutes sortes et l'air était chargé d'une odeur épouvantable que son odorat se refusa à identifier.

À une vingtaine de mètres se dressait un vieil entrepôt dont l'entrée ressemblant à une prison était fermée par une simple chaîne munie d'un cadenas. Il vit Nick Leroux sortir une clé de sa poche et il comprit que l'entrepôt était leur destination.

Il jeta un rapide coup d'œil en direction d'Olga et, lisant la terreur sur son visage, il ressentit soudainement une furieuse envie de s'évanouir purement et simplement.

Il se maudit une fois de plus. Pourquoi avait-il suivi ce mec !

Était-ce réellement ce stupide rôle qui l'avait poussé à se retrouver une fois de plus dans une situation où personne ne souhaiterait se retrouver ? Sa douleur à la jambe (voir la trilogie ) ne pouvait lui faire oublier qu'il avait échappé au pire bien souvent alors pourquoi ?

Il fronça les sourcils. Ce n'était pourtant qu'un détail, juste une légère lueur qu'il avait perçue dans le regard de la fille aux cheveux roses lorsqu'il était assis à cette table dans le salon de thé.

Cette lueur, il la connaissait pour l'avoir croisée si souvent dans son miroir, fallait-il avoir souffert pour percevoir cette cassure chez les autres, cette sorte d'indifférence à tout, de résignation devant la douleur parce qu'on sait que malgré les histoires entendues lorsqu'on était enfant , les héros n'habitent plus la terre et encore moins Camden Lock  à Londres.  

Il lui avait souri, oui, juste pour lui faire savoir qu'il l'avait reconnue malgré leurs différences et cette sorte de barrière virtuelle qui faisait que leur monde ne pourrait jamais se toucher.

Thomas se fit la promesse de la sortir de ce pétrin et accessoirement d'essayer quand même de s'en sortir lui-même.

À suivre..... Michelle Huenaerts

 

 

Les commentaires sont fermés.