• A rainy day (partie 16)

    A rainy day partie 16
     Une petite nouvelle issue de l'univers de Thomas Robin
     
     

    Lisa Hartman déplia sa serviette et, semblant savourer pleinement le moment, la posa religieusement sur ses genoux.

    - L’endroit vous plaît ? demanda Sam.

    La jeune femme lui sourit.

    - Et bien je dois avouer, inspecteur, que vous ne vous êtes pas moqué de moi ! de plus, ajouta-t-elle en désignant le plat posé devant elle, ça a l’air délicieux.

    J’ignorais qu’un tel endroit existait à Londres, continua-t-elle. Des lampions, des bougies,c’est d’un romantisme, Sam.

    - Vous êtes sur mes terres, ici, répondit son interlocuteur, en fait à deux rues de chez moi…

    Lisa lui adressa un léger clin d’œil.

    - Intéressant, déjà des sous-entendus  douteux ? vous devriez avoir honte !

    Sam rougit immédiatement jusqu’aux oreilles.

    - Euh ? non, qu’est-ce que vous allez imaginer là, je suis un gars sérieux et de plus...

    La jeune femme éclata de rire.

    - Lydia?

    - Oui, répondit le jeune homme, Lydia Bell, ça fait un moment déjà ! ( Voir la trilogie)

    - L'amour ne se commande pas mais c'est rassurant inspecteur. Donc disons qu’à cet instant précis vous êtes plutôt intéressé par le résultat de mes recherches ? 

    - Et…et bien en fait…

    -Votre gars était bien à la réception ! affirma-t-elle en plantant négligemment sa fourchette dans une rondelle de courgette.

    Le jeune homme reposa immédiatement ses couverts et la fixa intensément.

    - Le plat ne vous plaît pas, demanda Lisa ?

    - Il ses empreintes sur un carton ?

    -Exact !

    -Mais qui est-ce ?

    - Il n’y a donc que le travail qui vous intéresse ? jeta narquoisement la jeune femme, ce plat est vraiment divin !

    -Euh ? En fait, c’est un plaisir de partager ce repas avec vous, répondit le jeune homme en portant le verre posé devant lui à ses lèvres.

    Lisa soupira.

    -Alors, nous allons passer une excellente soirée, continua-t-elle, et je vous donnerai mes conclusions…demain ?

    Sam faillit recracher le liquide, il toussa et  avala péniblement.

    - Demain !

    - Ou un autre jour, si vous avez déjà prévu autre chose. Elle essaya d’éviter de sourire. Décidément taquiner ce mec était infiniment plaisant !

    - Lisa ?

    Elle posa sur lui deux grands yeux innocents en se félicitant d’avoir troqué ses lunettes double foyer contre une paire de lentilles de contact !

    -Oui ?

    -S’il vous plaît, donnez moi ce nom.

    La jeune femme sourit béatement.

    - Je veux le dessert le plus cher qu’il y ait sur cette carte, inspecteur !

    - Vous pouvez même en prendre deux, si vous voulez !

    - Vous êtes un goujat, Sam ! que faites-vous de ma ligne ?

    - Lisa…

    - Pourquoi cette histoire vous torture-t-elle autant ?

    Sam soupira.

    - Disons qu’à cause d’elle, je risque prochainement de me faire virer alors, oui j’avoue que ça m’intéresse légèrement !

    - Jamais Sir James Taylor ne se passerait de vous et vous le savez ! Mais, bref...

    Lisa se pencha pour extraire de son sac à main un cellophane contenant un carton et une lettre,elle retira le feuillet de l’enveloppe et le tendit au jeune homme.

    - Tenez,dit-elle, voici votre client !

    Le jeune homme impatient lui arracha presque le papier des mains.

    - Misère…pas ça…

    - Vous connaissez ce type?

    Sam semblait sous le choc, il se leva précipitamment.

    -Je dois vous laisser...

    -Quoi ! Asseyez-vous tout de suite, Gallager !

    Sam se laissa retomber machinalement sur la chaise.

    -Je…oui excusez-moi …

    Les yeux de Lisa le foudroyèrent.

    -J’a dit que je m’excusais…c’est juste que….

    - Que ?

    - Ce gars est en danger, Lisa…je…je ne comprends pas les tenants et aboutissants de tout mais je crois que si je n’interviens pas rapidement…

    La jeune femme leva les yeux au ciel.

    - Filez-moi 100 livres, Gallager ! Et ,ajouta-t-elle, je ne vous rendrai pas la monnaie !

    - Lisa on remet ça dès que possible , c’était un plaisir, vraiment !

    - Gallager ! si vous avez le malheur de raconter dans le service que vous m’avez planté après l’entrée, je…..

    - Je ne ferais jamais ça, promis !

    - Bon alors, filez ! la veuve et l’orphelin vous attendent !

    Le jeune homme soupira.

    - Celui dont il est question n’est pas orphelin, Lisa Et c’est bien ça le nœud du problème!

     

    A suivre.......Michelle Huenaerts

      
  • A rainy day partie 15

                                                          

     

                                                 A rainy day partie 15

            Une petite nouvelle de Thomas Robin

     

    Sam faisait les cent pas dans le hall du « Grand Hôtel Russel »

    Il se sentait à la fois fatigué et électrisé.

    Faites que ça marche ! priait-il tandis que John Hartman, réalisateur très en vue et sa jeune épouse. Euh ? très jeune l’épouse, franchissaient les doubles portes de verre.

    Il sursauta les nerfs à fleur de peau réalisant qu’on lui tapait sur l’épaule.

    -Tout à l’air de se passer selon tes vœux, fiston !

    - Oui, apparemment, mais j’ai peur d’avoir oublié un truc, tu sais le genre de micro détail qui fait tout foirer, celui auquel on n’a pas pensé.

    - Je dois avouer que tu m’as beaucoup impressionné sur ce coup-là ! Si seulement tu étais resté à l’agence.

    - Papa, on ne va pas….

    - Ok !

    - De plus, poursuivit Sam, tout le mérite te revient ! Si tu n’avais pas réussi à convaincre les membres de la maison de production d’organiser cette réception...

    Le vieil homme haussa les épaules.

    - Je leur ai déjà sauvé la mise plusieurs fois donc, si je leur dis : « attention ! » ils savent que c’est pour une bonne raison !

    Le jeune policier fit craquer nerveusement la jointure de ses doigts.

    - Sam ! ne fais pas ça !

    - J’espère qu’ils ont bien invité tous ceux présents à la « Première », coupa le jeune homme !

    - J’ai vérifié moi-même la liste. Tu vois le mec là à l’entrée, celui qui reprend les invitation ?  S’il a des gants, tu imagines bien que ce n’est pas pour faire joli !

    - C’est lui qui était derrière le bureau à l'entrée lorsque je suis passé à l’agence ?  Mince, je ne l’avais pas reconnu !

    - Tu auras bientôt tous les cartons des personnes présentes ici, personnes qui auront probablement laissé leurs empreintes sur ce simple bout de papier ! Je dois reconnaître que tu as été très malin !

    - S’il est là, je saurai tout de ce gars ! et s’il n’y est pas, ajouta Sam, je n’aurai plus qu’à chercher parmi les absents !

    Le jeune homme sourit légèrement, c’est vrai qu’il était assez fier de lui !

    Son interlocuteur le tira par la manche.

    - Thomas te fait signe, fiston ! C’est normal qu’il ait un morceau de gâteau dans chaque main ?

    - Je pense qu’il est un peu nerveux et dans ce  cas- là, il dévore tout  ! je crois que c’est son truc pour empêcher son cœur de s’emballer !

    - Tant que ce n’est que ça ! dit négligemment le vieil homme.

    Sam se planta devant lui, ses yeux lançant subitement des éclairs.

    - Qu’est-ce que tu veux dire ? jeta-t-il .

    - Je disais ça comme ça, c’est tout ! ne t’énerve pas encore pour des broutilles !

    - Tu ne dis jamais rien « Comme ça » !

    - Ok ! je veux juste dire que dans ces milieux…..

    - La presse a déjà essayé de lui coller ça sur le dos ! rétorqua le jeune homme mais il n’est pas ainsi et il ne le sera jamais !

    - Ecoute, Sam…tu……..

    - Il ne le sera jamais ! 

    - Sam tu n’es pas sa nounou !

    Il soupira.

    - Ecoute,  je sais qu’il est comme un frère pour toi ou pire un fils alors que franchement t’es un peu jeune pour avoir eu un gamin de cet âge mais….

    Il agrippa le bras du jeune homme. 

    -Sam ? pourquoi te sens-tu aussi concerné par …

    Le jeune policier se dégagea brusquement, la colère commençant à envahir son cœur !

    - Ce qui lui est arrivé , ce qui nous est arrivé, à la frontière du surnaturel avec qui pourrions-nous partager cela? ( voir la trilogie) Toi-même tu n'es pas arrivé à le comprendre ou à le croire, alors oui, nous sommes liés à jamais !

    Il faut que j’y aille à plus tard !

    - Sam…

    Mais le jeune homme ne l’écoutait plus !

    Il tapa rageusement dans un bouchon de champagne tombé sur le sol et se dirigea vers le buffet.

    -Ça ne va pas ? questionna Thomas.

    - Rien d’important, tout va bien ! Vous comptez vraiment avaler tout ça continua-t-il en désignant le gâteau encore intact dans la main droite du jeune acteur.

    Thomas considéra le morceau l’air indécis.

    - Et bien , au départ ça semblait une bonne idée.

    Sam sourit.

    - Vous avez découvert quelque chose ? entendu une voix familière ? Qu’est-ce qui a eu pour conséquence de vous faire vous ruer sur le chocolat ? 

    Thomas leva les yeux et fixa fortement ceux de son ami.

    - Derrière vous, Sam ! En fait, je n’ai rien découvert, ni entendu mais il y a dans votre dos à quelques mètres quelqu’un que j’aurais préféré ne pas voir ici ! 

    - Qui?

    - Une moche affaire, vous devez vous en souvenir ! On a, disons, légèrement envoyé son père à l'ombre il y a quelques années.  Enfin, il n'y est pas resté très longtemps mais il a eu un paquet d'ennuis!

    - Malheureusement les gens qui vous rencontre ont souvent un paquet d'ennuis par la suite d'où ça ne me met pas vraiment sur la voie.

    - Très drôle! Donc vous ne situez pas?

    - Pas vraiment.

    - Ah ! Après tout, on a d'autres problèmes pire que ce type ! Votre père a tout prévu?

    Sam sourit.

    - Demain, je pense que nous aurons tout résolu, je suis très confiant !

     

    A suivre.........Michelle Huenaerts

     

  • A rainy day partie 14

     

    A rainy day partie 14 ( une petite nouvelle de Thomas Robin)

     

    - Qu’en sais-tu ?

    Thomas se retourna . Sam se tenait à l’entrée du bureau les yeux baissés, le corps appuyé contre le battant de la porte. 

    Le regard de Thomas passa rapidement du fils au père et il eut l’intuition de comprendre malgré lui une foule de choses.

    Il voyait l’un désabusé, paraissant plus que son âge et puis l’autre tellement inconscient de l’étincelle de fierté qui brillait dans les yeux de l'autre.

    - Sam, je vais vous laisser, dit-il simplement en se dirigeant vers la sortie.
    Le jeune policier le retint un instant par la manche. 

    - Merci, murmura-t-il.

    Thomas, avant de franchir la porte, lui offrit un léger sourire d’encouragement puis il adressa un vague signe de main en direction du vieil homme .

    - Je vous attends dehors !

    - Tu pourrais peut-être t’asseoir ?

    Sam sursauta légèrement.

    - Euh ?.....oui, répondit-il en s’approchant du bureau et en se laissant tomber machinalement sur une chaise.

    L’homme, assis en face de lui, soupira profondément.

    - C’est un grand honneur que de recevoir ta visite, Sam ! je suppose que tu dois avoir une bonne raison pour en arriver à refranchir ces portes ! D’après Thomas, il paraîtrait même que tu as besoin de moi ?

    Le jeune policier contempla obstinément ses chaussures.

    - C’est vrai, répondit-il  simplement.

    - Des remords au sujet de ton entourloupe lors de la « Première » ?

    Ce fut au tour de Sam de soupirer profondément.

    - C’était  nul, je l’avoue !

    Un éclat de rire retentit en réponse à cette réplique.

    -Lorsque tu te comportes ainsi, je ne peux nier que tu es mon fils ! ah, tu sais ce que c’est de mener les autres en bateau !

    -Je…

    - Mais tu ne le fais que très rarement, toi ! coupa l’homme en redevenant sérieux parce que tu ressembles à ta mère, ajouta-t-il plus doucement…..

    Le jeune homme releva brusquement la tête.

    Ses yeux bleus écarquillés se noyèrent un instant dans ceux de l’autre ! Sam voulait fuir, oui ! prendre ses jambes à son cou ! Pourquoi avoir parlé de sa mère , il ne fallait pas parler de sa mère, jamais !

    - Ce n’était pas ta faute, Sam !

    - Quoi ??

    Il se releva brusquement, prêt à s’en aller !

    - Assieds-toi et écoute-moi !

    Une main autoritaire venait de se refermer sur son poignet.

    - Ce n’est pas de ta faute si ta mère est partie ! et ce n’est pas de ta faute aujourd’hui si Thomas …

    Sam fusilla du regard l’homme pour l’empêcher d’aller plus loin . Il consentit néanmoins à rejoindre son siège.

    - Si Thomas a rencontré tous ces problèmes continua-t-il.  Apparemment pour le moment il a l'air de maîtriser...je dirais ses facultés? ( voir le Maître des Loups et )

    - Il a dû acquérir ces "facultés" comme tu dis pour me sauver la vie et la plupart du temps il essaie juste d'être un mec comme les autres. ( Voir le Maître des Loups)

    -Je sais, poursuivit son père à voix basse mais quelque chose me dit que tu viens encore une fois de te mettre dans un sacré pétrin pour éviter à ce gamin ingérable de ...

    -Ça ne te regarde pas !

    - Apparemment si !

    - Si tu ne veux pas m’aider, je me débrouillerai autrement !

    - Je n’ai pas dit que je ne voulais pas t’aider, j’ai juste voulu dire que toi aussi tu lui avais sauvé la vie, ( Voir la châtiment des Mac law ) tu ne lui dois rien.

    - Je me débrouillerai autrement !

    - Sam ! s’énerva l’homme, c’est bien de jouer les héros ! de faire toujours ce qu’il faut,  mais, de temps en temps, montre-toi plus égoïste, mon garçon ! ou un jour…

    - Un jour quoi ?

    - Jusqu’où pourrais-tu aller ?

    - Je fais ce qu’il faut faire, s’énerva le jeune homme, ce qui est juste, c’est tout !

    - Sam,le monde n’est pas juste !

    - Pour toi ! 

    Il eut subitement honte de ses paroles et détourna les yeux.

    - Peut-être ai-je aussi été comme toi, répondit simplement le vieil homme. Peut-être que moi aussi je pensais pouvoir choisir entre ce qui est juste et ce qui ne l’est pas et peut-être qu’un jour j’ai pu juste choisir entre le pire et l’innommable ! Est-ce que tu baisserais ton arme pour qu'un autre te descende ? 

    - Je….

    -Et si deux personnes se noyaient et que tu ne pouvais en sauver qu’une ?  T’interposerais-tu entre la balle et ton prochain ?

    - Tout ça n’a aucun sens ! tu me parles de choses extrêmes qui…

    - Je te parle juste d’un trait de caractère qui est le tien ! c’est tout !

    On croit toujours Sam qu’on fera ce qui est juste, ce qui est bien mais si ta vie est en jeu, tu n’auras que peu de temps pour prendre ta décision et j’ai peur de ce que tu es capable de choisir !

    Sam leva les yeux au ciel en signe d’agacement.

    - J’aimerais simplement que tu acceptes de contacter pour moi la maison de production  de Thomas et pour ta gouverne, ma vie n’est pas en jeu , je crois même que le chef préférerait me botter les fesses que de me virer, alors !

    Il fixa intensément son interlocuteur.

    - Je veux juste que tu m’apportes un peu d’aide pour organiser une réception ! 

    - Une réception?

    - Ou un piège si tu préfères?

    - Oh ! Alors je vais peut-être me laisser tenter par une collaboration. Gallager et fils!

     

     A suivre......Michelle Huenaerts

     

  • A rainy day ( partie 13)

     

     A rainy day partie 13 ( une petite nouvelle de Thomas Robin)

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     Thomas repéra  le véhicule de Sam Gallager garé de l’autre côté de la rue.

    - Vous en avez mis du temps ! 

    - Euh…..oui, en fait j’ai un peu oublié que vous m’attendiez et ….

    - Et vous n’avez pas résisté à la tentation de faire le malin !

    - Ah non, pas du tout ! J'’ai juste réussi à trouver un terrain d’entente avec Monsieur Barnes et…

    Thomas soupira et pénétra dans la voiture.

    - Qu’en est-il de la presse ? ils vont partir ?

    -J’ai demandé au mari de Lucy de supprimer la déviation et de quitter les lieux.

    - Et vous croyez que ça va marcher ?

    - Vous dormirez chez moi ! Et demain si la presse est encore là, vous leur parlerez !

    - Et pour leur dire quoi ?

    - Que vous ne  leur direz rien, point !

    - Ah et bien oui ! vu comme ça! Au fait, pourquoi aviez-vous besoin de moi ?

    - Pour visiter quelqu’un, une visite dont je me serais bien passé ! mais si pouviez répondre a une petite question ça m'éviterait d'en arriver là !

    Sam actionna son clignoteur droit pour reprendre sa place dans le trafic.

    - En principe,  j’aurais dû vous convoquer au Yard, après…..enfin, après ce dont vous avez été témoin….

    - Mais vous ne l’avez pas fait !

    - Non ! et après ce que je viens de voir, je crois que j’ai bien fait !

    - Et… et ça ne vous a pas causé de problèmes de…enfin, je veux dire…

    - L’inspecteur-chef n’était pas très heureux mais…

    - Je suis sûr que vous minimisez s'agissant de Sir James Taylor.

    Le jeune homme soupira profondément.

    - Ok ! il était furieux et il a menacé de me virer ! Mais pas de panique ,je pense avoir trouvé la solution ! Inutile de vous en vouloir pour les 1000 ans à venir !

    -  Euh? je ne comptais quand même pas m'en vouloir à ce point mais...Sam? On roule vers Westminster là ? Où est-ce que vous allez ?

    - A la tour « Oxo » !

    - Mais, c'est...

    - Plus tard ! tout d’abord, je dois vous poser une question !Vous m’avez dit qu’une des voix vous était familière ?

    -Je crois mais…

    - Voyez-vous, Thomas, ils y avaient des empreintes sur ces fameuses clés. L’une d’entre elles correspond à celle d’un gars fiché chez nous quant à l’autre….

    - L’un des deux hommes, celui dont la voix m’était familière, il devait être assez jeune.

    - C’est celui-là qui m’intéresse, Thomas ! Qu’a-t-il dit ? avait-il un comportement particulier ?

    Thomas ferma les yeux pour se concentrer et essayer de rassembler ses souvenirs.

    - Il avait l’air dépassé par les évènements ! L’autre lui a dit qu’il aurait dû réfléchir avant.

    - Le plus jeune s’est laissé probablement entraîner, il devait avoir une motivation importante pour le faire, murmura le jeune policier.

    - Reste à savoir laquelle !

    Sam s’engagea sur Westminster Bridge Road.

    - Vous connaissez donc cette voix, un proche ?

    - Non ! croyez-moi, j’y ai déjà réfléchi, je sais c’est complètement fou mais….

    - Peut-être ne connaissez-vous pas vraiment le propriétaire de cette voix, Thomas….

    - Qu'est-ce que vous voulez dire ?

    - Et bien j’additionne 2 et 2.  Une première, un film, des invités prestigieux et une petite voix qui vous est familière. Vous savez Thomas, moi aussi je connais la voix de gens que je n’ai jamais réellement rencontrés. Pour ça, continua-t-il, il m’a simplement suffi d’acheter un billet et de m’offrir une toile dans n’importe quel cinéma.

    Sam fit une petite pose mesurant l’effet de ses paroles sur le jeune garçon.

    Il se pencha ensuite légèrement vers lui et ajouta.

    -Et si notre inconnu était simplement acteur, Thomas ? Essayez de vous concentrer,quel film avez-vous vu dernièrement ? Film dont l’un des acteurs aurait pu se trouver à votre « Première » ?

    - Euh?

    - A la télé peut-être ?

    - Franchement, Sam, c’est possible mais à priori …

    -Cette voix vous a marqué pour une raison, non ? Quel est votre programme favori ? Bon sang, Thomas, faites un effort ! 

    - Ecoutez,Sam, je sais qu’à cause de moi vous risquez de perdre votre job mais, croyez-moi, je…

    Le jeune garçon suspendit sa phrase puis…

    Downton Abbey !

    - Et ?

    - Vous me demandez ce que je regarde et il m'est arrivé de tomber sur cette série!

    - Et vous avez reconnu une voix ?

    - Pas du tout !

    Sam leva les yeux au ciel en signe d’exaspération.

    - Mais dans ces séries il y a parfois des invités, des acteurs qui viennent d’autres productions et qui passent …

    - Pour booster l’audience de la série,murmura Sam…

    - Oui ou alors pour relancer leur propre carrière, ajouta Thomas.

    -Ça ratisse large ! soupira le jeune homme en rangeant son véhicule le long de Belvedere Road.

    Il respira profondément comme pour se donner du courage.

    - On poursuit à pied, dit-il. On va prendre la passerelle qui mène aux quais.

    - Pour aller où ? questionna le jeune garçon en s’extirpant du véhicule. Vous n'allez quand même pas...

    - Venez…

    - Sam ! Je déteste quand vous faites ça ! jeta Thomas en se lançant sur les traces du jeune homme qui gravissait déjà les marches.

    Il donna un coup de pied rageur dans un petit caillou.

    Quelques notes lui parvenaient émanant du bâtiment du Royal Festival Hall . Thomas se laissa malgré lui distraire par l’harmonie des sons qui chatouillaient son oreille venant des archets du London Philarmonic.

    Il se secoua et se dépêcha de rejoindre son ami le long de la berge.

    Bien sûr, il ne put  s’empêcher de jeter un regard désolé en direction des bâtiments en trompe-l’œil de la Gabriel’s Wharf.

     Un des établissements du complexe faisait en effet de merveilleuses variétés de gâteaux au chocolat, le tout accompagné de cappuccino mousseux à souhait, et...

    - Thomas !

    Le jeune garçon fit la moue en essayant de faire disparaître de son cerveau les tentantes images de tartes croustillantes agrémentées de crème.

    Il vit Sam appuyé contre la rambarde considérant rêveusement le haut bâtiment lui faisant face.

    - La tour « Oxo » murmura-t-il simplement à l’adresse de Thomas.

    - Sam qu’est-ce qu’on fait là ?

    Le jeune policier indiqua du doigt une plaque métallique légèrement corrodée fixée à l’entrée d’un des bureaux installés au rez -de- chaussée de l’édifice.

    Thomas, titillé par la curiosité, s’approcha de la porte et lut avec étonnement les mots :   « Gallager et fils – Escortes- Détectives privés. 

    - Sam, je sais qu'on est chez votre père mais qu’est-ce que ça signifie ?

    Le jeune policier contempla longuement ses chaussures.

    - C’est même l’agence de votre père !

    - Ah vraiment ? c’est bête, je ne l’avais pas remarqué ! répondit Sam sur un ton légèrement agacé.

    - Mais…mais vous… et lui….et….enfin je veux dire lui et vous…

    - C’est peu de le dire ! soupira le jeune homme. Croyez-moi, il m’en coûte de venir ici…après…après tout ce qui s’est passé! ( Voir le maître des loups )

    - Oui….et n’oublions pas le petit tour que vous lui avez joué à la « Première » ajouta Thomas négligemment.

    -C’est vrai, j’avais oublié !Mais ce petit tour, comme vous dites, sera décompté de tout ce qu’il me fait subir depuis que je suis sur terre !

    - Il a des défauts, c’est sûr, mais…

    - Vous n’allez pas me dire que vous trouvez ce mec génial ?

    - Et bien, je n’en sais rien ! Je...Vous devriez vous réconcilier !

    - Très bien, jeta le jeune homme ! l’honneur est donc pour vous, je suis ravi que vous me proposiez de nous servir d’intermédiaire, la porte est juste devant, je vous attends !

    - Quoi !

    - Mon père travaille pour votre maison de production depuis des années, vous êtes entre parenthèses bien placé pour le savoir, d’où il est le seul à pouvoir obtenir le truc essentiel nécessaire à mon enquête et…..

    - Sam, je ne peux pas, c’est votre père. Qu’est-ce que je vais lui dire ?

    - Je reconnais, continua le jeune homme, que ça aurait été beaucoup plus simple que vous vous rappeliez le nom du propriétaire de la fameuse voix. Oui….je sais c’est bas ! je m’excuse, je vous en demande beaucoup, je m’en rends compte mais…..

    - Je vais aller lui parler. Et vous avez raison, Sam, c’est bas !

    - Je…oui je sais et….

    - C’est bon, n’ajoutez rien ! répondit Thomas en se dirigeant vers la porte d’entrée, vous avez raison c'est de ma faute après tout ! 

    Le jeune garçon poussa résolument les doubles battants.

    Les murs étaient gris, l’éclairage était froid.

    Tout le contraire de ce qu’est Sam, pensa-t-il.

    Il nota que rien ne venait égayer les yeux, aucune touche de fantaisie ou même d’harmonie rien qui dénote la moindre présence…féminine ?

    Un homme, assis derrière un bureau, leva distraitement les yeux.

    - C’est à quel sujet ?

    - Je suis bien chez Gallager et fils ?

    - Chez Gallager, oui ! Pour ce qui est du fils...

    - Et bien, je voudrais donc voir Monsieur Gallager père !

    L’homme haussa les sourcils et sembla détailler Thomas de la tête aux pieds.

    - Le vieux ? ça ne va pas être possible, il est en réunion ! Il ajouta plus bas en riant doucement …. avec lui-même !

    -Je dois le voir absolument, c’est très urgent !

    L'homme fixa son interlocuteur plus attentivement.

    -C’est bizarre, j’ai l’impression de vous avoir déjà vu quelque part.

    -Thomas Robin ! répondit simplement le jeune homme, dites-lui que Thomas Robin aimerait lui parler et……

    - Entre ! jeta une voix connue dans son dos, tu n'as pas emmené tes loups j'espère! ( voir le maître des loups )! je te préviens , je n’ai pas fait de rangement, et…..

    Le nouveau venu jeta un regard courroucé à l’homme assis derrière le bureau !

    - Ton rapport ne m’est pas encore parvenu que je sache !

    -Je…

    - Les bons à rien, ça ne manque pas ! alors si tu ne bouges pas tes fesses, tu te retrouveras dehors plus vite que tu ne le penses ! Arrange- toi pour qu’on ne nous dérange pas .Viens ! ajouta-t-il à l’adresse de Thomas en l’attrapant par le bras et en le poussant dans une pièce.

    Le jeune garçon entendit une porte claquer pour se refermer brusquement dans son dos.

    Il nota immédiatement la forte odeur d’alcool qui imprégnait le bureau.

    - Assieds-toi ! jeta l’homme. J’ajoute que ça fait plaisir de te revoir, p’tit !

    -Oui ça fait longtemps... 

    - Et Sam? Toujours la rancune tenace à cause de la triste fin du Sieur Chioggi ? Venise lui manque donc tant que ça ? ( Vois le maître des loups)

    - Je ne suis pas venu parler du passé, répondit Thomas mais vous l'avez sauvé ce jour-là et moi aussi.  Simplement Sam a encore du mal à l'admettre !

    L’homme saisit la bouteille de whisky posée sur le bureau et la porta à ses lèvres.

    - Crois-moi, un jour tu te rendras compte toi aussi que ce truc aide vachement, dit-il simplement en guise d’excuse……alors…trêve de mondanités, je t’écoute !

    - Je viens donc au sujet de Sam! Vous devez arrêter tous les deux,ça n’a pas de sens. Sam a besoin de vous, il…..

    L’homme reposa la bouteille sur la table et considéra Thomas avec étonnement.

    - Alors ça, c’est la meilleure ! S’il a besoin de mon aide pourquoi n’est-il pas ici ? Il a pensé qu’en t’envoyant il raviverait mon remord et qu’il obtiendrait plus facilement de moi ce qu’il veut ? D’ailleurs tu peux me dire ce qu’il veut, ce traître ?

    -Sam n’est pas…..

    -Il a plaqué l’agence pour travailler chez les flics ! Tout ça, ajouta-t-il, je l’avais bâti pour lui mais Sam ne pardonne pas, n’est-ce pas ? Il pense que tout est blanc ou noir, il n’a aucun sens de la nuance….il aime, il déteste….c’est bon, c’est mauvais !

    - Il a déjà été face au pire de lui-même, murmura Thomas. 

    - Oui je sais, mais il a su faire demi-tour sans se noyer , lui, pas comme moi !

     

     A suivre...........Michelle Huenaerts