• A rainy day ( partie 12) une petite nouvelle de Thomas Robin

     

     A rainy day partie 12

     

    Sam sortit le portable de sa poche.

    - Il y a bien un jardin à l’arrière de votre maison, jardin délimité par un mur ?

    - Euh? Oui...

    - Qu’y a-t-il Thomas de l’autre côté de ce mur ?

    -Et bien  le jardin du voisin, Monsieur Barnes, et sa maison, pourquoi ?

    - Et devant sa maison, Heath Street Avenue, c’est ça ?

    - Oui, mais si vous comptez demander de l’aide à Monsieur Barnes, vous pouvez oublier ça immédiatement.

    Thomas soupira.

    -  J'ai un léger litige avec lui à cause de mon arbre.

    - Votre arbre ?

    - Oui, en fait une brindille que mon père m’a aidé à planter lorsque j’avais 5 ans.

    -Une  brindille ?

    - Oui, enfin une baguette, quoi ! Vous connaissez le principe ? on l’arrose et avec un peu de chance et bien parfois ça pousse !

    Sam considéra Thomas avec amusement.

     -Elle mesure combien à présent cette baguette ?

    - Et bien, c’est sûr qu’elle s’est un peu étoffée mais je ne pense pas qu’elle  dépasse les 35 pieds (+-10m)

    - 35 PIEDS !

    - Oh ne faites pas cette tête ! l’arbre a un peu grandi, c’est vrai mais bon…ce n’est pas parce que ça lui apporte un peu d’ombre dans son jardin qu’il doit forcément en faire un drame !

    - C’est sûr, répondit Sam en souriant, qui ne voudrait d’un peu d’ombre dans notre divine Angleterre !

    -Il y a aussi quelques feuilles qui tombent chez lui au début de l’automne, ajouta Thomas rêveusement, ça doit être très joli ….

    -Vraiment fascinant.

    Dites-moi Sam, est-ce que c’est si important ? Quel est le rapport entre…

    - Simple curiosité.

    Thomas déposa sa tasse sur la table.

    - Le problème c'est que presque toutes les feuilles tombent chez lui à croire que l'arbre a développé une grosse animosité envers ce mec !

    Sam éclata de rire.

    - Ce n’est pas drôle ! Ce type a déposé plainte  ! Je crois même qu’il me déteste légèrement. Vous savez, il garde chez lui, dans une armoire fermée à clé, tous les ballons que j’ai envoyés de l’autre côté du mur depuis l’âge de 3 ans ! Et croyez-moi, ça fait une sacrée collection ! Mais pour ce qui est de l’arbre, il n’est pas question que je le fasse couper ! Monsieur Barnes cherche des poux à tout le monde, alors après ça, croyez-moi, il trouvera autre chose !

    Sam redevint sérieux.

    -Là, Thomas, ce n’est plus drôle, vous avez raison, c’est carrément inespéré !

    D'où, une petit quart d'heure plus tard...                          

    Le constable John Hartley garait sa voiture en face du numéro 12 d’Heath Street Avenue et descendait de son véhicule en bougonnant.

    Pourquoi avait-il accepté d’aider ce type !

    - Le sale boulot, c’est toujours pour les mecs en uniforme ! maugréa-t-il.

    Il a un sacré culot ce  Gallager quand je raconterai ça à ma Lucy !

    Hartley soupira.

    Bon le côté positif , c’est qu’il allait rencontrer une « Star » ! Et ce Gallager avait su habilement actionner cette corde sensible bien sûr ! mais n’empêche, qu’à tout bien y réfléchir, à se promener à la limite du légal on risquait fortement de se faire au mieux taper copieusement sur les doigts !

    « Il n’y aura pas de problème, constable ! »

    C’est sûr, ce mec devait être complètement barjot ! Ce serait bien la première fois qu’un coup tordu n’entraînerait aucun problème !

    Harley gravit à contrecœur les quelques marches menant au perron.

    Il soupira d’exaspération.

    En ce moment  Gallager devait déjà avoir garé sa voiture devant la maison , il devait même déjà piaffer d’impatience ! Après tout, son plan était simple, n’est-ce pas ? Faire passer Thomas de l’autre côté du mur, lui faire rapidement signer un papier sans intérêt comme quoi il reconnaissait les nuisances de son arbre et puis basta ! On repassait par la porte et…

    - Vous avez fait vite, dit Thomas, tandis qu'il pénétrait dans la maison.

    - Votre voisin est averti?

    - Oui, on a posé l'échelle contre le mur. Il n'y a plus qu'a passer !

    - Mince, j'ai le vertige! pesta Hartley.

    - Passer le premier, constable. Vous m'éviterez de me faire trucider au cas où il aurait un fusil!

    - Ben voyons !

    Hartlez soupira et gravis les échelons.

    Arrivé au dessus, il constata que monsieur Barnes qui les attendait en bas avait également posé une échelle de l'autre côté.

    - Vous pouvez la glisser un peu plus vers moi? demanda Hartley.

    - Avec joie ! Enfin la police se décide à intervenir !

    Quelques minutes plus tard, Harley se retrouvait donc dans le jardin de Monsieur Barnes. Il était plutôt satisfait finalement. Jusqu'à présent tout se déroulait parfaitement, aucune raison de...

    Il soupira. 

    Sauf que, vu le regard qu’adressait à ce moment la jeune star Thomas Robin à son aimable voisin et vu les éclairs que lui renvoyait ce dernier, Hartley augurait que le plan initial risquait de subir quelques légères modifications.

    Le jeune acteur passa son autre jambe par-dessus le mur pour s’asseoir plus confortablement.

    Et...

    -N'essaie même pas de poser un pied chez moi !

    - Alors qu’est-ce qu’on fait ? 

    -Tu ne fais rien du tout, tu restes là !

    - Euh ? tenta Hartley, d’où il se trouve, il me paraît très difficile à Monsieur Robin d’ opérer un état des lieux !

    - Juste ! dit simplement Thomas.

    - La presse est devant chez lui. Si on veut faire le constat, il faut bien qu’il passe par ici !

    - On n’a qu’à faire ce constat un autre jour !

    - Très bien ! rétorqua le policier. On reviendra dans quatre ou cinq mois !

    - Quatre ou cinq mois !

    - Et bien ,c’est que vous n’êtes pas notre seule affaire malheureusement ! Le hasard a voulu qu’il soit prévu de s’occuper de votre cas aujourd’hui et...

    - Ok, qu’on en finisse ! répondit contre toute attente Will Barnes !

    -Allez-y, Monsieur Robin, descendez !

    Monsieur Barnes renifla bruyamment en signe de désapprobation. Apparemment, l’idée que Thomas Robin puisse fouler son gazon le révulsait au plus haut point.

    - C’est joli chez vous, Monsieur, dit le jeune garçon en écrasant par mégarde une jeune pousse de tagette.

    -Mais je rêve ! Ne bouge plus, ne respire même plus. Ah je le savais ! Vous avez vu ? Une vraie brute dégénérée !

    - Euh ? je m’excuse, balbutia Thomas en s’accroupissant pour essayer de redresser la fleur qui retomba aussitôt mollement.

    -Je parie que chez vous, il n’y a que des mauvaises herbes, alors forcément …

    - Et bien, je n’en sais rien. Lorsqu’une fleur pousse d’elle-même, c’est forcément une mauvaise herbe ?

    L’homme considéra Thomas avec mépris comme s’il jugeait inconcevable qu’une plante puisse pousser sans son autorisation.

    -Alors, constable ! maintenant que ce mec est venu saccager mes bordures, qu’est-ce qu’on fait ?

    -Et bien je crois qu’on ne va pas vous déranger plus longtemps, répondit Hartley. 

    - Mais….mais et l’arbre…vous…on le coupe quand ?

    -Monsieur Robin, demanda rapidement Hartley, vous confirmez bien qu’un arbre planté chez vous offre des nuisances à votre voisin et qu’il vaudrait mieux somme toute, pour la paix et la tranquillité de tous, le…

    - Absolument pas ! jeta froidement Thomas.

    Harley en resta la bouche ouverte.

    (Mais……mais qu’est-ce qu’il fait là, on s’en fout de cet arbre ! Dit n’importe quoi …on sort et ….mince m’étonne pas qu’ils soient copains lui et ce Gallager ! Ah c’est la dernière fois que je pleure pour rencontrer une célébrité, crois-moi Lucy !)

    -Comment "absolument pas" ! jeta Will Barnes devenant rouge de colère.

    -Je constate simplement , répondit le jeune garçon, que mon érable apporte de l’ombre à votre jardin et donc protège les ibéris umbellata qui constituent vos bordures. Ces fleurs détestent le soleil, vous le saviez ?

    -Je veux que tu coupes ta saleté d’arbre.

    - Il n’en est pas question !

    -Tes feuilles polluent, en automne, mes parterres !

    - Au contraire, ça vous procure un engrais naturel qui…

    Hartley toussota légèrement.

    - Euh ? et bien j’ai noté les griefs des deux parties et…

    - Vous n’avez rien noté du tout ! répliqua Thomas.

    - Il a raison sur ce point ! ajouta Will Barnes, je ne vous ai rien vu noter moi non plus !

    - Mais…

    Le policier sortit, en soupirant pour la dixième fois, un petit calepin de sa poche.

    - Ajoutez, continua Thomas, que cet homme détient en captivité chez lui, depuis une dizaine d’années, une vingtaine de ballons qui sont ma propriété !

    - Tu n’avais qu’à les garder chez toi tes précieuses petites balles !

    - Rendez-les moi !

    - Il n’en est pas question !

    - Euh ? tenta le policier.

    - Je ne peux pas te les rendre , continua l’homme triomphalement, parce que je ne les ai plus !

    - VOUS NE LES AVEZ PLUS ?

    - Je les ai vendues si tu veux tout savoir ! Des ballons ayant appartenu à une star ! crois-moi ça fait bien dans les 200 livres !

    Hartley en perdit son carnet de notes.

    Thomas considérait l’homme les yeux exorbités.

    Vous avez vendu ma balle bleue à l’effigie de Simba  du « Roi Lion » ? C'était ma préférée quand j’avais six ans !

    - 200 livres,  murmura Hartley, 200 livres la balle, mais pourquoi je ne vis pas derrière ce mur, moi !

    - Je porte plainte ! jeta Thomas.

    - Ah non ! répliqua le policier. Enfin, Monsieur Robin, je…je croyais que vous étiez pressé et que…

    - Pas du tout ! affirma le jeune garçon, j’ai tout mon temps !

    Will Barnes considéra Thomas avec inquiétude, apparemment il commençait à comprendre qu’il venait de commettre une légère bourde .

    - Euh ? écoute…on…on peut sûrement trouver un terrain d’entente.

    - Je ne crois pas, rétorqua froidement Thomas.

    Hartley leva les yeux au ciel et c’est là, croyez-le ou non qu’apparut soudain au sein de sa petite tête ce que l’on nomme communément : « idée de génie »

    - Il y aurait peut-être une solution, dit-il simplement.

    - Quelle solution ? jeta l’homme avec espoir.

    - Et bien vous laissez l’arbre de Monsieur Robin grandir et vivre heureux et…..et Monsieur Robin essaye de se consoler de l’immense perte de « Simba » et essaie d’oublier que vous avez détourné ses biens pour les revendre, empochant ainsi ( sa voix se cassa presque de dépit en annonçant la suite)  une somme de près de 8000 livres !

    - Oui, bien sûr, répondit l’homme en y réfléchissant, l'arbre protège un peu les ibéris umbellata..

    Thomas semblait hésiter ! aussi, Hartley lui décocha-t-il un violent coup de coude ( et tant pis pour le respect dû à une star , non mais !)

    - Bon et bien, Monsieur Robin, si vous êtes d’accord avec ce principe, on devrait peut-être y aller. N’aviez-vous pas un rendez-vous EXTRÊMEMENT IMPORTANT !

    Il fixa fortement le jeune garçon dans les yeux.

    - Oh !

    Thomas sembla subitement revenir à la réalité. Il tendit rapidement la main à Will Barnes.

    - Heureux que nous ayons réglé ce léger différent, cher voisin !

    Vous ne m’en voudrez pas de sortir par la porte, n’est-ce pas et d’écraser légèrement au passage votre précieuse pelouse ?

    L’homme serra machinalement la main . Il avait l’impression que quelque chose lui échappait….mais quoi ?

    - C’est vrai que c’est quand même plus poli de sortir par la porte, renchérit Hartley en tirant rapidement Thomas par la manche . Inutile de nous raccompagner, Monsieur Barnes, nous connaissons le chemin.

    - 200 livres la balle, maugréa-t-il en poussant Thomas dans la véranda.

    Thomas adressa au constable un léger sourire. Il s’arrêta un instant et retira de son bras son bracelet en prenant garde de ne pas le casser , il saisit ensuite le stylo qu’Hartley tenait toujours dans sa main et signa de son nom la fine lanière de cuir.

    - Voilà, dit-il en tendant le tout au policier. Mais je ne sais pas du tout combien vous pourrez en retirer.

    L’homme considéra Thomas en rougissant légèrement de honte.

    - Je….je ne voulais pas dire ça….c’est juste que…..

    - Prenez-le, affirma le jeune garçon, et…et merci pour tout.

    Thomas se retourna pour se diriger vers la porte de sortie.

    Hartley essaya de le rappeler mais il avait déjà franchi le seuil.

    - Ah quel con je suis ! murmura-t-il …

     

    A suivre.........Michelle Huenaerts

     

    A suivre..........Michelle Huenaerts

  • A rainy day ( partie 11) Une petite nouvelle de Thomas Robin

    A rainy day partie 11

     

    Sam enclencha son clignoteur et s'engagea dans Church Row.

    Un policier en uniforme lui fit signe de s'arrêter.

    Sam abaissa sa vitre.

    - Vous ne pouvez pas passer, Monsieur, il y a une déviation un peu plus haut !

    - Il y a un accident ?

    Sam fouilla rapidement dans sa poche pour en extraire ses papiers.

    - Inspecteur Gallager de Scotland Yard !

    - Je…oui, excusez-moi, Monsieur ! Vous saviez qu’une « Star » habitait dans cette rue ?

    - Ben, en fait…

    - Et bien moi je l’ignorais !

    Il s’approcha de Sam et lui glissa sur le ton de la confidence :

    - Thomas Robin paraît-il. Moi, notez, je ne vais jamais au cinéma, c’est à cause de ma femme ; mais vous connaissez les femmes, je suppose ! Elle trouve que c’est trop cher et que c’est une perte de temps mais en fait, c’est à cause de sa mère…enfin, paix à son âme finalement…quoique si je vous disais tout à propos de son âme, continua-t-il en tapotant le bras du jeune homme ! Mais le fait est que…

    - Si vous alliez à ce fait ?

    - Oh ! Et  bien pour faire court, comme je vous le disais,  toute la presse est là-bas et des fans campent devant la maison depuis hier soir. En y réfléchissant, ajouta-t-il songeur, trois filles se sont même évanouies. Ah ! y a pas à dire, réussir à faire s’évanouir les filles, ça doit être vachement cool, je crois que c’est mon grand fantasme ! Je me rappelle que personnellement en classe de troisième….mais vous le voyez ça ne date pas d’hier.  Pour tout vous dire, c’est là que j’ai rencontré ma Lucy. Ah ! à l’époque si vous l’aviez vue ! Elle était majorette dans l’équipe de…

    Sam le foudroya d’un regard signifiant : « continue comme ça et tu es mort dans trente secondes »

    - Euh ? oui !  Bref, c’est le père  qui nous a téléphoné, il était en visite chez son fils. Il paraît qu’il est médecin et que ses patients l’attendent. M’est avis que ce type est un peu dérangé ! Si moi j’avais un rejeton  riche et célèbre , croyez-moi, il y a longtemps que je ne travaillerais plus et que j’aurais déménagé à Notting Hill ! Il y a une pelletée de célébrités qui habitent là-bas ! C’est ce que je dis toujours à ma Lucy : finalement Lucy, ces gens-là, ils ne valent pas mieux que toi, car comme disait mon père …

    - Il faut que j’entre chez les Robin !

    - Ah, non !....Il ne disait pas ça !

    - IL FAUT QUE J’ENTRE CHEZ LES ROBIN !

    Le policier parut réfléchir à toute vitesse, puis son visage s’affaissa …

    - Vous m’avez très bien compris, répondit Sam, en tournant la clé de contact pour remettre son véhicule en route, et inutile de m’expliquer comment Lucy, sans le faire exprès, vous a, à l’époque, balancé son bâton de majorette sur le crâne .

    - Comment savez-vous ça ?

    Sam se pencha légèrement au dehors et appelant de l’index le policier pour qu’il s’approche davantage de lui, il lui glissa….

    - Parce que, si par miracle, je me transformais en majorette, ici, à l’instant, c’est ce que je ferais !

    Essayez, continua-t-il, de dégager un passage pour que je puisse me garer devant la maison !

    - Dégager un passage ? faut pas rêver ! Et puis après, comment allez-vous rentrer? Vous pensez qu'on peut entrer comme ça chez les célébrités. Ils veulent sortir pas nous offrir le thé !

    Sam lui adressa un rapide clin d’œil et appuyant sur l’accélérateur, il planta l’homme sans se soucier de lui fournir la moindre explication.

    Il manœuvra ensuite pour se garer devant la camionnette d’une chaîne de télévision.

    - Hé ! qu’est ce que vous fai…

    - Police !

    - Ah, mince ! et la police ne peut pas se garer ailleurs qu’ici ? on travaille, nous !

    - De toute façon, répondit Sam en s’extirpant de son véhicule, vous perdez votre temps, il ne sortira pas ! Et puis, qu’est-ce que vous êtes venu chercher ici ? Il ne se drogue pas, il ne boit pas et  il n’a pas de vie amoureuse particulièrement dissolue, alors c’est quoi ce cirque ?

    L’homme lui montra du doigts la foule amassée devant la grille.

    - Il a quand même vécu des choses pas banales dans sa vie, un peu étrange le gars, non? ( Voir le châtiment des Mac law,  l’Écorce d'or, le Maître des loups ) et puis, il déplace les foules, et la foule achète les journaux et regarde la télé, point ! Ce mec, ajouta-t-il, a plus de fric que vous n’en aurez jamais, il faut bien qu’il y ait une petite compensation, non ?

    Sam ouvrit la bouche pour répondre mais finalement se contenta de soupirer.

    Son attention fut attirée par un bruit de course. Il se retourna et découvrit l’heureux mari de Lucy complètement essoufflé.

    - Vous avez l’air d’avoir couru le marathon !

    - Je ne voulais pas rater votre entrée ! Alors, c’est quoi cette technique ? Vous allez lancer un grappin sur le toit ? Notez bien que je ne pense pas que ce soit autorisé ! Dans le manuel de police….je crois bien que c’est dans la deuxième partie, ils stipulent que toute infraction au code de conduite numéro 2034 alinéa 3 du paragraphe 2 sera ……

    L’homme s’arrêta net, bouche bée, en voyant Sam introduire simplement une clé dans la serrure de la grille.

    - Qu'est-ce que vous faites ?

    - J’entre ! répondit simplement Sam.

    - Mais…Oh ! mince je suis déçu !

    Le jeune homme pénétra dans le jardinet et referma la porte de métal.

    - Pourquoi faire compliqué, répondit-il simplement en adressant un rapide sourire à l’homme .

    Vous pouvez jeter un œil sur ma voiture ?

    - Vous avez la clé de la maison  ! jeta le journaliste en sautant en bas de la camionnette les yeux exorbités. On pourrait s'arranger...

    - Je ne pense pas, répondit Sam en lui adressant un léger signe de la main et en se dirigeant rapidement vers la porte d’entrée.

    Arrivé là, il n’eut guère le temps d’actionner la sonnette. Par la porte à présent entrebâillée, une fine main l’agrippa pour le tirer sans ménagement à l’intérieur.

    Le battant se referma.

    - Ah, Sam ! si vous saviez comme….comme…..Atchoum !

    - A vos souhaits !  vous êtes enrhumé ?

    Thomas lui jeta un regard noir.  Venez ! Ne traînons pas dans le secteur ,allons dans la …Atchoum !...cuisine….

    - Mince, vous devriez être au lit ! Votre père ne vous a rien donné pour…

    - Sam ! répondit nerveusement le jeune garçon en poussant son ami à l’intérieur de la pièce, la seule chose que mon père a envie de me donner en ce moment, croyez-moi, ce sont les derniers sacrements !

    Le jeune policier prit une chaise et s’assit devant l’étroite table de bois.

    -Je vous conseille d’ailleurs vivement, continua Thomas, d’éviter le ….Atchoum…..salon !

    Sam sursauta au même moment en entendant un cri perçant accompagné d’un bruit sourd.

    - Je parierais que mon paternel s'est vengé sur le buste d’Elisabeth II que j’avais reçu il y a deux ans lors de l’anniversaire « Garden Party » de sa Majesté !

    - Vous avez été chez la reine ?

    - Ben ouais…..At….Atchoum ! pourquoi ? Le gâteau n’y était d’ailleurs pas trop mauvais, dit Thomas en ouvrant négligemment un pot de pâte à tartiner au chocolat et en y plongeant une cuillère pour la porter à ses lèvres.

    Sam fixa intensément le jeune garçon.

    - Vous avez l’intention de vider le pot ?

    Le jeune garçon considéra un instant le récipient l’air incertain.

    - Vous avez un autre remède à me proposer ?

    Sam soupira puis il se leva pour saisir la bouilloire électrique et la remplir d’eau.

    - Asseyez-vous, Thomas ! Tout d’abord, je crois qu’un bon thé nous ferait beaucoup de bien ! Ensuite, ajouta-t-il en marquant un léger temps d’hésitation….ensuite, si vous aviez la gentillesse de me prêter une cuillère, je crois que finalement, vu la situation, je vous aiderais bien à finir ce pot !

     Thomas ouvrit l’armoire et sortit deux hautes tasses décorées aux effigies des Simpson.  Il tendit une Marge boudeuse à Sam et conserva pour lui un Homer baillant outrageusement.

    - Votre journée aurait-elle été aussi merveilleuse que la mienne, demanda-t-il ?

    Le jeune homme versa l’eau chaude puis posa en soupirant la bouilloire sur la table.

    - J’en ai comme l’impression !

    Il reprit sa place derrière la table de bois.

    Thomas lui tendit en souriant le pot de pâte à tartiner au chocolat.

    -Apparemment vous en avez davantage besoin que moi, finalement !

    - Bof ! d’après ce que j’ai vu au dehors, je n’en serais pas aussi sûr ! Vous pouvez m’expliquer ce qui se passe ?

    Thomas porta la tasse à ses lèvres.

    - C’est la sortie du film ! et il faut bien que les journaux trouvent quelque chose à imprimer autre que la trame passionnante de mon dernier film !

    - Apparemment pour amener autant de fans avec eux, ils ont dû trouver quelque chose de génial !

    Thomas reposa doucement le mug.

    - Ils ont tout d’abord retrouvé des photos de mon père. Vous saviez, ajouta-t-il, que mon père avait tenté une carrière d’acteur avant d’entamer ses études en médecine ?

    - Oui, je…

    - Ils expliquent donc en détail ses déboires et comment moi, son fils, j’ai pu réaliser son rêve.  Ensuite, évidemment, vient l’enfance malheureuse de ma mère.  Si  papy voit ça je crois qu’il est bon pour une attaque parce que, croyez-moi, après avoir lu l’article on trouvera que le placard d’Harry chez les Dursley était vachement confortable ! Le problème de mon père, ajouta-t-il, est bien évidemment le jeu. C'est d'ailleurs probablement pour ça qu'ils ont fini par divorcer. 

    - Thomas, je…

    Normal finalement  qu'il soit venu me rendre visite légèrement en rogne ! Et ne faites pas cette tête, Sam, ce n’est pas comme si nous vivions dans un monde gentil, n’est-ce pas ? Si vous pouviez juste lever le couvercle de la poubelle et jeter ce journal, ça m’aiderait ! 

    - C’est pour ça que votre père a appelé la police ?

    - Entre autres choses mais, ajouta le jeune garçon en souriant, je crois que finalement ce qu'il a le moins apprécié c'est le passage d’un autre article où on faisait référence à son audition ratée pour un rôle de figurant dans « le Retour du Jedy » . Je crois qu’il devait interpréter un mollusque visqueux ! Son interprétation devait être trop molle finalement!

    Thomas éclata de rire.

    Sam le considéra avec stupéfaction.

    - Comment arrivez-vous à toujours voir le côté positif des choses !

    - Un mollusque visqueux, Sam ! Oui bon, mon père voudrait aussi pouvoir sortir, je crois, ajouta le jeune garçon que c’est finalement pour ça qu’il a appelé les flics mais la seule chose qu’ils ont faite, c’est d’installer une déviation au début de la rue : « Liberté de la presse » nous ont-ils répondu, bref, il n’a plus qu’à prendre son mal en patience !

    - Vous savez, Thomas,  il pourrait y avoir une solution …

    - Une solution ?

    - Et bien, disons si vous n’étiez plus ici, ces gens partiraient forcément !

    - Vous pourriez me faire sortir d’ici ?

     

    A suivre..........Michelle Huenaerts

     

     

     

     

  • A rainy day ( partie 10) Une petite nouvelle consacrée à Thomas Robin

    A rainy day partie 10

     

     

    - Vous avez trente secondes pour quitter les lieux, inspecteur !

    Ça semblait assez mal engagé mais il ne devait pas se démonter car s’il se défilait déjà honteusement dans cette horrible pièce,  comment arriverait-t-il, par la suite, à puiser le courage nécessaire pour  quémander  l’aide de son père ! Joyeuse perspective !

    Le jeune homme soupira profondément, chaque chose en son temps.

    Tout d’abord, régler le problème Lisa.  Il devait bien avouer qu’il n’avait guère joué franc jeu avec elle et il allait donc être très difficile d’obtenir ce qu’il voulait !

    Il promena son regard sur l’éclairage froid du labo et sur les petits flacons suspects rangés sur les étagères.

    Il grimaça légèrement.  Et dire que la vérité se trouvait le plus souvent, là, sous ces microscopes électroniques, nichée au creux d’une chaîne d’ADN, preuve infime et pourtant évidente.

    Sam avait côtoyé ces antres lors des dernières années visant à l’obtention de son diplôme et il pouvait affirmer qu’il avait détesté. Il avait gardé, à jamais gravées dans sa mémoire, les inévitables scènes d’autopsies auxquelles il avait été obligé d’assister.  Il se rappelait s'être à chaque fois cramponné à son voisin pour éviter de se montrer ridicule en s’évanouissant purement et simplement. Bref, il avait rapidement compris que son but premier dans la police serait d’éviter le plus possible cet endroit !

    Le jeune homme ferma les yeux.  Essaie de visualiser une forêt, Sam. Des petits oiseaux, une rivière.Tu es en sécurité dans les profondeurs de ton moi intérieur, Sam, tu…

    - Vous m’avez entendu, Gallager !

    Remettons la méditation à plus tard !

    - Vous allez bien, Lisa?

    -  L’inspecteur Taylor m’a juste demandé de vous communiquer les infos relatives au  mec ! Il s’appelle Gary Sullivan, je vous l’ai dit, fiché chez nous pour vol de voitures et trafic en tous genres…maintenant, au revoir !

    Le jeune policier essaya d’arborer son sourire le plus charmeur ( le tout était d’éviter de respirer les vapeurs d’éther parce que sinon, il était sûr de tourner de l’œil en trente secondes et adieu tentative de séduction!)

    - Pourquoi vous cachent- ils dans ces labos, Lisa ? vous vous rendez compte, que sans cette histoire, je n’aurais peut-être jamais eu le bonheur de vous rencontrer ?

    La jeune femme renifla bruyamment.

    - Pas de ça avec moi, Gallager !

    - Sam...

    - Quoi… Sam ?

    - Vous n’allez pas m’appeler Monsieur Gallager durant tout le repas que nous allons partager demain soir !

    Lisa le considéra les yeux exorbités.

    - Vous ne manquez pas de culot ! quel repas !

    - Et bien…je pensais que…Mince pourquoi venait-il justement de  prononcer le mot «  manger », ici !

    - Et bien évitez de penser ! à cause de vous, le patron m’a passée au rouleau compresseur …et de plus …

    Elle soupira.

    -Je suis plutôt petite, boulotte et je porte des doubles foyers mais, d’un autre côté, je ne suis pas complètement idiote  ! Sam ?...Euh ? je veux dire Gallager, ça ne va pas ?

    Le jeune homme avait porté la main à son front.

    Les petits oiseaux s’étaient sûrement noyés dans la rivière quant à la forêt, elle avait complètement disparu au profit de l’éclairage froid .

    Lisa eut le réflexe de pousser une chaise derrière le jeune homme qui s’y laissa tomber d’un bloc.

    - Et bien ! je dois quand même avouer que c’est la première fois que je fais cet effet à un homme ! Vous voulez un petit remontant, Gal….

    Elle le considéra un instant…finalement il était plutôt craquant !

    - Un petit remontant ?

    - Whisky sec !

    -  Du….du whisky, ici ??

    - Mon oncle me l’envoie en direct de Glasgow, je crois que j’ai dû le planquer par ici…voyons.. Ah, voila ! derrière le carboxymethylamyl !

    Un verre rempli d’un liquide ambré apparut comme par miracle devant le jeune homme.

    - Vous êtes sûre que vous n’avez pas confondu votre… enfin… avec le carboxymachin ?

    - Certaine !

    -Dites-moi Lisa, l’inspecteur- chef sait que…

    -Oh je n’en abuse pas, Gallager, qu’est-ce que vous croyez !

    Elle adressa un léger clin d’œil à son interlocuteur

    - En fait, cette bouteille sert juste à apporter les premiers soins aux inspecteurs manquant s’évanouir dans ce labo. J’ai l’impression que vous ne vous sentez pas très à l’aise dans cet endroit, je me trompe ?

    - Vous savez Lisa, je n’ose imaginer le genre d’échantillons qui se baladent dans vos petites bouteilles , j’aimerais bien croire et surtout arriver à me persuader que ce n’est pas complètement horrible et dégoûtant mais…

    - Regardez-moi, Sam, et oubliez les petits trucs qui se baladent! Videz d’abord votre verre et puis votre sac ! qu’est-ce que vous voulez à la fin ?

    Le jeune homme avala le liquide d’un trait.

    - En fait…je voudrais…

    - C’est un bon début !

    - Je voudrais la clé !

    Il leva immédiatement la main pour empêcher Lisa de lui couper la parole.

    -Je sais qu’en principe, elle doit rester ici mais…mais cette clé ouvre bien quelque chose, lisa et…

    - Et vous savez ce qu’elle ouvre peut-être ?

    - Non ! et c’est pourquoi j’en ai besoin ….en fait j’ai aussi besoin d’autre chose... et….et je dois avouer qu’étant dans la mélasse la plus totale sans cette chose j’ai bien peur de ne pouvoir sauver ma peau !

    La jeune femme soupira.

    - Vous aviez pensé à quel resto ?

    Sam lui adressa un maigre sourire.

    - Ben, en fait…dans cet endroit, penser à n’importe quel resto me donne mal au cœur alors….on va dire que je vous laisse le choix …

    - Vingt heures demain ?

    - Euh ? oui ok !

    -Ça risque de vous coûter très cher !

    Sam leva les yeux au ciel !

    - C’est d’accord, Lisa, l’endroit que vous voulez, l’heure que vous voulez, le prix que vous voulez !

    La jeune femme se leva et serra brièvement les poings en signe de victoire.

    - J’en connais qui vont faire une de ces têtes, gloussa-t-elle ! Elles vont être vertes de jalousie !

    - Pardon ?

    - Euh ? vous occupez pas Gall…euh ? je veux dire Sam, un truc de filles sans importance, vous ne pourriez pas comprendre ! Alors ? c’est quoi cet autre service ?

     

    A suivre........Michelle Huenaerts

     

  • A rainy day partie 9

     A rainy day partie 9
     
     

     

     

     

    L’inspecteur en chef, Sir James Taylor, arpentait depuis cinq minutes les 20 mètres carrés de son bureau.

    - Vous savez ce que vous êtes, Gallager !

    -Je...

    - Un emmerdeur et je pèse mes mots !

    - Monsieur, écoutez…je…

    - Vous venez me trouver avec une histoire à dormir debout, vous monopolisez notre labo pour une fichue analyse d’empreintes. Soit dit en passant, je vous rappelle que vous n’êtes qu'inspecteur et si l’on considère ce fait, je me demande comment vous avez pu convaincre Lisa, notre expert, d’accepter votre soi-disant pièce à conviction !

    Il considéra un instant le jeune homme puis soupira bruyamment.

    -Non ! finalement, je préfère ne pas le savoir ! ça m’apprendra, tiens ! à engager un mec qui aurait davantage sa place dans une pub pour shampoing que derrière un bureau du Yard.

    - Monsieur, vous m’aviez donné votre accord  et …

    James Taylor jura bruyamment puis s’assit en écrasant de son léger embonpoint le cuir noir du fauteuil situé derrière sa table de travail.

    - Vous m’avez manipulé, Gallager ! j’ai eu la bêtise de croire à vos divagations et VOUS, à présent, vous refusez de m’apporter ce qui donnerait un tant soit peu de crédibilité à cette histoire de fous !

    Sam se tortilla sur sa chaise de plus en plus mal à l’aise.

    - Je n’ai jamais pensé à vous…

    - Si ! bien sûr ! Et si tout le monde faisait comme vous,  on n’ arrêterait plus de criminels du tout ! On n'aurait plus le temps avec tout le boulot passé à vérifier vos élucubrations  !

    Il fixa intensément le jeune homme.

    -Je crois avoir été plus que patient, Gallager ! Je vous laisse donc huit secondes pour me balancer le nom de votre témoin !

    - Je ne peux pas !

    - Je crois que je n’ai pas très bien entendu votre réponse !

    - Je disais que…

    -Faire la circulation  sur Trafalgar Square, coiffé d’un stupide chapeau noir en forme de cloche n'apportera rien à votre physique croyez-moi, vous aurez l'air con !

    - Si c'est ce que vous voulez !

    Il détourna les yeux et respira profondément. Seigneur ! qu’il était donc difficile de faire ce que l’on croyait être juste.

    - Vos espoirs de promotion me semble plutôt compromis, vous ne trouvez pas ?

    Le jeune homme redressa la tête et dirigea résolument son regard gris bleu dans celui de son supérieur.

    - C’est bien possible, Monsieur, mais la vie est faite de choix difficiles, n’est-ce pas ?

    - Et vous êtes prêt à sacrifier votre carrière pour un témoin ?

    -Je ne veux pas qu’il soit impliqué ! et vous pouvez bien me jeter à coups de pied hors de ce bureau, ça n’y changera rien !

    Sam décida de risquer le tout pour le tout, il était dans la mélasse la plus complète de toutes façons, alors…

    -En fait, Monsieur, laissez-moi juste une petite chance, s’il vous plaît. j'ai un plan  et…et si j’échoue vous n’aurez qu’à…

    Sir James Taylor soupira.

    - Ouais ! Le pire c’est que l’une des empreintes retrouvées sur votre maudite clé correspond à celle de quelqu’un qui se trouve dans notre fichier !

    - Qui?

    - Allez demander à cette chère Lisa !

    Sam sourit légèrement

    - Bon sang ! Ce ne serait pas encore à cause de Thomas Robin tout ces mystères?

    - Je...

    - Vous pensez vraiment pouvoir vous en sortir ? Vous serez seul sur ce coup-là !

    - Je sais.

    - Vous avez intérêt à vous magner ! parce que, si vous ne réussissez pas à me dégoter quelque chose et vite, je vous conseille vivement de faire le tour des petites annonces !  Ce gamin finira bien par vous faire virer, un vrai aimant à problèmes ! Fichez-moi le camp et ne revenez que  pour m’annoncer une bonne nouvelle concernant cette affaire  !

    Sam se leva pour quitter le bureau, la tête lui tournait subitement.

    James Taylor le regarda s’éloigner puis attrapant négligemment l’un des dossiers posés devant lui , il jeta à l’adresse du jeune homme qui lui tournait déjà le dos

    - Soyez prudent Gallager, je vous ait déjà perdu une fois ( vois le maître des loups) les émotions ne me valent rien !

    Sam quitta la pièce.

    Il appela l’ascenseur et posa son front contre la double porte de métal.

    Il pouvait être fier, quelle brillante idée ! Il avait réussi à convaincre le redoutable inspecteur-chef, Sir James Taylor, qu’il avait un plan alors qu’il n’avait même pas l’ébauche d’une particule d’ébauche de plan !

    -Je suis mort ! 

    Le jeune policier soupira.

    Bon sang ! ça aurait été tellement plus simple d’amener Thomas ici, une petite déposition et…

    Non, évidemment……ce n’était pas aussi simple !

    Le jeune garçon était son ami et il ne pouvait risquer que le moindre photographe le repère ici et déclenche la séduisante rumeur :  « Thomas Robin convoqué pour détention de drogue ou encore Thomas Robin impliqué dans une bagarre, Thomas Robin arrêté ? » Rien que de jolis titres en perspective mais il y avait pire.

    Pourquoi avait-il pris cette clé la veille ? C’était parfait ! Maintenant , si Thomas ne posait ne serait-ce qu’un orteil dans les parages, il ne faudrait pas longtemps pour additionner deux et deux : Thomas était à la « Première », son réalisateur le cherchait, la clé récupérée  n’est pas la bonne et bizarrement ,voilà  Thomas Robin chez les flics ! Limpide ! Génial !

    -Je suis le plus grand imbécile que cette terre ait engendré ! murmura-t-il en s’appuyant un peu plus contre la porte comme s’il voulait s’y enfoncer et disparaître.

    Il savait ce qu’il en avait coûté à Thomas de rejoindre la foule ce jour-là. Il s’était dirigé vers les invités, il avait serré des mains, il avait plaisanté. Seuls les rapides regards qu’il lui avait lancés de temps à autre avaient été là pour témoigner de son inquiétude.

    Le jeune policier avait vite renoncé à sa première idée qui consistait à surveiller de loin la porte des toilettes dans  l’espoir de coincer celui qui viendrait reprendre la clé, il ne pouvait veiller à la fois sur la porte et sur Thomas.

    La porte de l’ascenseur s’ouvrit et Sam, perdu dans ses pensées, poussa machinalement le bouton portant l’icône « rez-de-chaussée .

    Oh s’il vous plaît ! rien qu’une petite idée ! Allo cerveau de Sam Gallager momentanément en panne si tu pouvais essayer de trouver vite quelque chose , c’est pas que je veuille te bousculer mais c’est urgent !

    Sa main resta suspendue tandis que les portes de métal se refermaient.

    La petite idée venait par miracle de lui traverser l’esprit , tellement évidente.

    Le jeune homme secoua la tête.

    -Non ! pitié, quand je parlais d’une idée, je voulais dire …

    Il soupira.

    Il savait au fond de lui qu’il n’avait pas d’autre choix et pourtant, Il lui en coûtait de faire ce choix !

    A suivre... Michelle Huenaerts