• Foire du livre de Namur Expo

     

    Foire du livre de Namur

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    Michelle y sera bien sûr avec Thomas Robin et l'Ecorce d'Or Sourire

    Celui qui trouvera l'Ecorce détiendra le pouvoir......

    L'Ecorce d'or

    Post du 16 décembre

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    "L'Ecorce d'Or " : premiers points de vente indiqués dans notre colonne de gauche Sourire

    Tand co

    "La Porte d'Aval" "Les Poussières d'une Etoile" et "Le Miroir" peuvent être commandés chez :

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  • Le Miroir : partie 10

     

    Le Miroir

    partie 10

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    Chapitre X : L'arrivée à Londres

    Le petit aéroport de Stansted n'était pas très grand, mais quand même beaucoup plus important que celui que Gaëlle venait de quitter, aussi depuis dix minutes, tentait-elle de trouver le départ des « Coach » pour Londres.

    Elle aperçut enfin un guichet annonçant « Stansted express ». Elle savait qu'il n'y avait pas de train aujourd'hui, mais décida quand même de se renseigner près du préposé, après tout, s'il était là, il devait bien y avoir une raison.

    En anglo-français ou franco-anglais, elle tenta d'obtenir des informations et fut extrêmement fière d'elle et de plus soulagée lorsqu'il lui tendit son billet pour la capitale.

    Trouver l'endroit d'où partaient les bus fut un peu plus compliqué. Pour ne pas paraître stupide, elle avait répondu « yes » à toutes les explications fournies par l'employé mais en fait, elle n'avait strictement rien compris.

    Elle tourna pendant quinze minutes avant de réussir à trouver son chemin mais finalement, elle put enfin, à son grand soulagement, s'installer dans le bus devant la mener à Liverpool Street.

    Gaëlle s'assit au deuxième rang, à côté d'une anglaise plutôt âgée.

    Elle pria le ciel que la vielle dame ne lui fasse pas la conversation et, pour éviter toute tentation de la part de sa voisine, ferma les yeux en simulant le profond sommeil.

    La radio fredonnait un air connu et Gaëlle essaya de se détendre.

    Elle manqua d'ailleurs s'endormir pour de bon car

    Il régnait une agréable chaleur à l'intérieur du véhicule, dehors, en revanche, il ne faisait pas chaud pour la saison, mais au moins, pensa Gaëlle, il ne pleuvait pas !

    Qu'elle était ce bruit ? Gaëlle céda à la tentation d'ouvrir les yeux et constata que la vielle dame assise à côté d'elle ronflait paisiblement.

    La jeune femme sourit et reporta son intérêt sur la circulation. Elle s'imagina coincée dans sa petite voiture rouge au milieu du trafic, elle ne serait sûrement jamais arrivée à Londres intacte et aurait d'ailleurs sûrement pris le premier rond point en sens inverse !

    D'après l'horloge située dans le car, juste au- dessus du pare-brise, il était 13h10. Gaëlle regarda sa montre, et bénit le décalage horaire en la retardant. A 14h10, la cérémonie aurait déjà commencé, la première du film de Thomas...car c'était vrai, elle allait pouvoir enfin voir Thomas ! Elle aurait voulu avoir le pouvoir de faire avancer le bus plus rapidement et n'aurait pas dédaigné l'aide d'une voiture munie d'un gyrophare pour lui ouvrir le chemin !

    On traversait à présent ce qui semblait être une petite ville périphérique à la capitale. Tandis qu'ils étaient arrêtés à un feu rouge, un bus à impériale vint se glisser à leur gauche et Gaëlle le vit......elle vit le garçon, son visage ornait l'avant et sur fond bleu, des dessins représentant des éclats de miroir décoraient toute la longueur du véhicule, au dessus, était écrit : « Do'nt cross over The Mirror »

    Tandis qu'ils reprenaient leur route, la jeune femme remarqua que décidément la production du film n'avait pas lésiné sur la publicité. L'affiche était partout, et l'image de Thomas, tant sur les bus que sur les murs, était de plus en plus présente au fur et à mesure qu'on approchait de la capitale.

    Gaëlle se demanda à quoi devait penser Thomas en ce moment, qu'aurait-elle ressenti à sa place, que pouvait- on ressentir lorsqu'on se retrouvait à douze ans tout en haut du générique, lorsque tout vous souriait, décidément, il avait bien de la chance ce ...........

    Presque aussitôt cependant, une autre réflexion lui vint, et une image s'imposa à elle, celle d'un jeune garçon, étendu inerte au milieu d'éclats de verre, les yeux qui reflétaient tant de bleu sur les murs de la ville, fermés, d'après elle, à jamais !

    La jeune femme frissonna, qu'est ce que cela pouvait bien signifier ? Qui pourrait faire du mal à Thomas ? Comment pouvait-on vouloir faire du mal à Thomas, le petit garçon si craquant avec son sourire inimitable.

    Et pourtant, il y avait eu ces rêves, pourquoi ?.....et cette désagréable boule qu'elle avait au fond de la gorge depuis plusieurs semaines.

    Lorsqu'elle rentrerait chez elle, tout ceci lui paraîtrait peut-être complètement idiot, sauf qu'elle n'aurait peut-être plus de « chez elle ».

    Le visage de Vincent remplaça dans sa tête celui du jeune garçon, et lui, il ne souriait pas du tout !

    La jeune femme émergea soudain de ses pensées, le bus s'était arrêté. De l'autre côté de la rue, elle vit la gare de Liverpool Street entourée de hauts immeubles modernes, il était 13h 30.

    Elle descendit du véhicule et repéra un peu plus loin un grand cercle blanc entouré de rouge , en son centre , sur fond bleu était écrit le nom de la rue, ça devait être l'entrée du métro...

    Gaëlle avait lu dans un livre que ce que l'on appelait ici communément le « tube » comptait pas moins de 273 stations !

    Il lui restait à peine vingt minutes, elle n'avait donc pas le temps de passer à l'hôtel, mais surtout, elle ne pouvait se permettre de se tromper de ligne !

    Elle hésita à acheter son billet à l'un des distributeurs automatiques qui s'étalaient contre le mur, c'était une torture d'être obligée d'étaler, une fois de plus, ses maigres connaissances en anglais, mais elle avait trop peur de se tromper, elle préféra donc s'adresser à un guichetier

    -One ticket to Leicester Square, please...

    Le préposé haussa légèrement les sourcils mais lui tendit cependant ce qu'elle demandait.

    Gaëlle soupira, décidément il lui était très désagréable de se faire passer pour une idiote chaque fois qu 'elle ouvrait la bouche mais finalement quelle importance....

    Elle se dirigea vers ce qui semblait être le plan du métro mais ce n'était qu'un enchevêtrement de lignes de toutes les couleurs qui montaient, descendaient , s'arrêtaient parfois.....

    La jeune femme resta quelques minutes la bouche ouverte, c'était donc cela LE « tube »

    -Mince ! pensa-t'elle, il y a bien plus d'un tube là- dedans, comment choisir le bon ?

    Elle étudia attentivement le plan afin de ne pas se tromper

    Ah ! voilà murmura- t-elle enfin tout bas, la ligne centrale jusqu'à Holborn et puis, reprendre la ligne bleu jusqu'à Leicester.

    Elle passa le portique automatique et posa le pied sur l'interminable escalier roulant, elle avait l'impression de descendre dans les entrailles de la terre, sa respiration commençait à s'accélérer, elle avait horreur de ça !

    Elle se trouvait à présent dans un véritable labyrinthe et dans ce dédale de couloirs, Thomas était partout.

    Elle voyait en effet l'affiche du film s'étaler presque tous les cinq mètres, Gaëlle respirait de plus en plus péniblement......

    Un bourdonnement sourd commençait à retentir dans sa tête elle s'arrêta un instant pour s'appuyer contre le mur.

    Il fallait qu'elle se reprenne, elle ouvrit les yeux, elle voyait le jeune garçon basculant sur chaque publicité dans le bleu d 'un miroir gigantesque et elle se remémorait sa voix murmurant terrifiée dans son rêve les mot « Help me »

    Elle devait se ressaisir, elle était peut-être claustrophobe, mais ce n'était pas le moment d'en rajouter en pensant à Thomas !

    -Bouge-toi, dit-elle tout bas, tu vas me faire le plaisir de te décoller de ce mur et de monter dans ce fichu métro !

    Elle donna un grand coup de poing contre le mur et se remit en route.

    Gaëlle avait dû faire preuve de beaucoup de courage, mais ce fut payant car dix minutes plus tard, elle remontait en courant les marches du métro et émergeait enfin à la lumière du jour.

    Elle ne s'était pas trompée de rame, elle était arrivée à destination, c'était incroyable, pour un peu, elle aurait embrassé tout le monde ! Mais ça lui aurait fait perdre beaucoup trop de temps !

     

      

  • Le Miroir : partie 9

     

    Le Miroir

    partie 9

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    Chapitre IX : Thomas Robin

     

    Thomas était enfermé dans la salle de bains depuis près de trois quart d'heure. Il n'avait pas encore réussi à faire taire les battements désordonnés de son cœur et appuyé sur le lavabo, il essayait de faire l'impossible pour calmer les nausées qui le reprenaient chaque fois qu'il tentait de redresser la tête.

    Il s'était réveillé en sursaut ce jour -là...... depuis son retour de vacances il en avait l'habitude , il se levait avec le sentiment de n'avoir que très peu dormi. Ce n'était pourtant pas le moment d'être en petite forme, cet après-midi ,il était attendu par la presse du monde entier. Ses fans étaient déjà peut-être en ce moment en train de converger vers Leicester Square où devait avoir lieu la première mondiale du film le plus attendu de l'année .....mais voilà, Thomas n'allait pas bien, pas bien du tout !

    Cela s'était passé alors qu'il passait ses mains sous le robinet d'eau froide afin de s'asperger le visage pour tenter de se réveiller quelque peu.

    C'est alors que ça s'était produit, Il y avait eu tout d'abord ce bourdonnement qui résonnait dans sa tête, ça n'était pas la première fois que ça lui arrivait..... il avait eu ensuite cette impression que tout tremblait autour de lui, ça aussi, il l'avait déjà vécu.... et puis, et puis.....en un flash, il avait vu le miroir situé au dessus de l'évier voler en éclat !

    Il avait fermé les yeux et s'était protégé le visage.....

    Lorsqu'il les avait ouverts de nouveau, le bruit avait cessé, le sol ne tremblait plus, mais surtout, le miroir était intact !

    Thomas souffrait parfois de spasmophilie et il avait en ce moment beaucoup de mal à respirer. Il fallait qu'il relève la tête, qu'il regarde encore une fois ce miroir, pour être sûr.... Sûr qu'il n'était pas en mille morceaux .

    Le jeune garçon essaya de rassembler ses forces, il leva les yeux et ne croisa que son reflet, un visage apeuré dans une glace intacte !

    Il aurait voulu se précipiter en courant dans la chambre de ses parents, tout leur raconter ! Mais voilà, Thomas ne leur avait même pas parlé des mauvaises nuits qu'étaient les siennes en ce moment, il ne pouvait tout simplement pas leur dire !

    Pourquoi ?

    Parce que le couple Robin allait très mal depuis quelques temps, et parce qu'il pensait y être pour quelque chose.

    Sa mère rêvait de cinéma pour son enfant, son père ne voulait pas en entendre parler. Il savait que ses parents avaient dû se disputer plusieurs fois à ce sujet.

    Sa mère avait dû gagner, car au bout du compte, il avait pu passer, deux ans plus tôt, une audition pour « Soleil de Juin »

    Comble d'horreur pour son père, il avait été choisi et pire la célébrité était arrivée presque immédiatement. Thomas était devenu ce que l'on appelle une « star », il ne comprenait pas encore très bien ce que cela signifiait sauf qu'immédiatement après la sortie de son premier film, en octobre de l 'année dernière, les relations dans la famille avaient fait plus que de se détériorer......et tout ça à cause de lui !

    D'ailleurs, on ne parlait jamais cinéma à la maison. Thomas était adulé à l'extérieur, il recevait des centaines de lettres chaque jour et était presque cloîtré chez lui depuis son retour du Canada car les journaliste campaient devant sa maison située dans Church Row à Hampstead (encore un sujet de dispute) mais chez lui, il était loin d'être considéré comme une « étoile » .

    Il ne bénéficiait d'aucun traitement de faveur à la maison c'était d'ailleurs pire depuis quelque temps, son père se montrait plus que jamais intraitable avec lui et il ne lui passait rien !

    Aujourd'hui, le moindre désir de Thomas était considéré comme un caprice et le jeune garçon ne savait plus très bien lui-même s'il était capricieux ou non !

    Sa mère n'osait rien dire, la situation était déjà si tendue....

    Thomas avait fêté ses douze ans deux jours plus tôt.

    Un anniversaire que le petit garçon jugeait désastreux !

    Il avait en effet émis l'envie, stupide d'après ses parents, d'inviter ses camarades de classe.

    Le couple avait catégoriquement refusé car ils craignaient que les dits camarades ne révèlent aux journalistes des aspects privés de la vie des Robin !

    Son père lui avait d'ailleurs fait remarquer que, si la célébrité avait ses bons côtés, il fallait aussi assumer les mauvais !

    Thomas n'avait rien contre le fait d'assumer mais il ne voyait pas ce qui pourrait arriver de si terrible si par malheur, l'un de ses amis révélait la couleur du tapis du salon......

    Ceci dit, il avait reçu des présents de ses fans et une quantité impressionnante de cartes d'anniversaires, ça devait être les bons côtés dont on parlait .......

    John et Annie, ses parents, lui avaient bien sûr offert un cadeau, un superbe walk- man, avec plein de gadgets et de boutons lumineux....

    Mais son père avait également choisi ce jour pour lui annoncer.... que pour contrebalancer ce monde du cinéma qu'il jugeait plus que futile, il l' avait inscrit cette année dans une école privée très stricte. Il pensait que le jeune garçon avait besoin de discipline , ça, ça devait être les mauvais côtés dont on parlait......

    Thomas en entendant la nouvelle avait failli avaler son morceau de gâteau au chocolat de travers.

    L'école, il n'aimait déjà pas trop, mais là..........

    Tous les amis qu'il avait réussi à conserver continuaient leur scolarité dans un collège de Chelsea, il allait se retrouver seul et se demandait comment les autres réagiraient vis à vis de lui.......

    Depuis, Thomas boudait quelque peu ses parents......

    Il fallait donc qu'il garde ses problèmes pour lui, ça devait être la pression......le stress de la journée qui s'annonçait. Aujourd'hui, il n'y avait personne de plus connu et attendu que lui au Royaume-Uni, son visage ornait la plupart des bus à impériale de la Capitale et l'affiche du film était présente partout.....ça n'était pas le moment d'aller mal.

    Au prix d'un effort incroyable, Thomas arrivait à reprendre doucement le contrôle sur lui-même.

    Dans quelques heures, une limousine les emmènerait sa famille et lui au cœur de Londres, tout le monde comptait sur lui et il n'allait pas les décevoir !

    Il essaya de sourire, sans conviction ; il y avait à peine quelques semaines, il pensait encore être la personne la plus heureuse du monde, son père n'avait rien pu contre cela , mais depuis......depuis ces affreuses nuits qui le laissaient exténué, depuis ces malaises qui se manifestaient par ce bourdonnement sourd dans la tête, malaises, qui durant une fraction de seconde, lui faisaient perdre l'équilibre, depuis, Thomas avait changé, il ne souriait plus !

    Le petit garçon s'était redressé, il donna un grand coup de poing sur le rebord de l'évier pour s'exhorter à réagir et quitta enfin la salle de bains !

    Il descendit dans la cuisine et remarqua que ses parents s'y trouvaient déjà. Thomas leur adressa un vague bonjour et se servit un bol de céréales.

    John lança une petite remarque acerbe où il était question d'un acteur qui ne pourrait qu'éblouir tout le monde, vu le temps qu'il avait passé à s'astiquer dans la salle de bains !

    Mais le petit garçon avait à peine entendu, il était perdu dans ses pensées, il se demandait s'il avait vraiment cessé d'être le centre de préoccupation de ses parents

    pour qu'ils ne s'aperçoivent même pas des larges cernes qui soulignaient à présent son regard bleu !

    Le petit acteur avait toujours été d'un naturel si joyeux , mais c'était avant......était -il si bon comédien !

    Plus les jours passaient et plus Thomas ressentait cette espèce de boule au creux de l'estomac et puis ce serrement dans la poitrine qui ne le quittait plus .

    Il savait que ces symptômes avaient un nom.

    C'est ce que l'on appelait la peur !

     

     

  • Le Miroir : partie 8

     

     

    Le Miroir

    partie 8

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    Chapitre VIII : En route pour l'Angleterre

    Revenons un peu plus tôt dans notre histoire.....

    La semaine séparant Gaëlle de ce fameux vendredi avait été vécue par elle comme une épreuve. Elle avait plus que jamais essayé d'éviter son mari. Elle avait peur qu'un regard, un geste ne dévoile ses intentions. Si Vincent apprenait ce qu'elle préparait, elle pouvait dire adieu à son voyage !

    Elle avait l'impression de le trahir, mais avait-elle vraiment le choix ?

    Il était impossible qu'il la comprenne ; elle savait qu'il n'essayerait même pas. Il la regarderait comme s'il la voyait pour la première fois, comme s'il découvrait après tout ce temps que sa femme était en fait un être anormal. Elle savait qu'elle ne pourrait supporter le regard qu'il poserait sur elle à ce moment.

    Oh ! bien sûr, elle se doutait que son départ aurait des conséquences peut-être définitives, peut-être que Vincent la quitterait, peut-être qu'elle devrait recommencer sa vie à zéro, tout ça à cause d'un rêve ou plutôt d'un gamin dont elle avait entendu la voix prononcer les mots « help me ».

    Ce sale gosse qu'elle avait pourtant de plus en plus de mal à détester malgré les mauvaises nuits qu'il lui faisait passer, ce sale gosse pour qui elle commençait à ressentir plus que de l'affection, cet enfant qui ne lui était rien auparavant mais qui depuis des semaines devenait tout.

    Elle était prête à tout quitter, tout affronter, pour s'assurer qu'il n'était rien arrivé à Thomas Robin et qu'il ne lui arriverait rien !

    Tant pis si Vincent ne devait jamais lui pardonner, elle devait tenter quelque chose, il fallait qu'elle comprenne, ou du moins qu'elle essaie, elle ne pouvait rester là sans rien faire dans l'angoisse de ces cauchemars qui devenaient de plus en plus terrifiants.

    Gaëlle ne savait pas très bien ce qu'elle ferait une fois sur place mais elle était décidée à suivre pour une fois son instinct, le destin ferait peut-être le reste.......

    Son vol était prévu pour midi au départ du petit aéroport situé à un quart d'heure de chez elle et chose qui lui parut extrêmement bizarre au premier abord, l'arrivée du vol à Stansted était également prévue à midi .

    Lorsque son père lui donna les réservations, elle resta un moment interdite. Il rit de son étonnement et lui expliqua que l'Angleterre avait un décalage d'une heure par rapport à leur pays.

    -Au moins,tu ne perdras pas de temps !

    Pas si sûr ! car Gaëlle avait un autre souci, et de taille :

    Stanted, ce n'était pas Londres.

    En principe, un train reliait l'aéroport à la capitale mais il y avait des perturbations sur la ligne ce vendredi, son père l'avait découvert en réservant les billets . Le train était remplacé par un service de bus qui mettaient plus d'une heure à rejoindre la capitale. le bus la déposerait à Liverpool Street et là, il lui faudrait prendre le métro afin de rejoindre Leicester Square.

    L'arrivée des acteurs pour la « première » était prévue à 14h, elle l'avait lu sur t.robin.com dès lors c'était un peu juste et Gaëlle tremblait qu'arrive le moindre problème.

    Si l'avion prenait du retard, si le bus mettait plus d'une heure, voire, si le métro était en grève ou qu'elle se trompe de ligne !

    A peine Vincent avait-il quitté la maison ce jour-là, qu'elle s'était levée pour se préparer .

    Elle ne devait rien oublier ni la réservation de son vol aller-retour, ni la confirmation de l'hôtel qui lui était arrivée quelques jours plus tôt par e-mail.

    Elle avait l'impression de prendre la fuite.......c'était une très mauvaise impression !

    Arrivée devant l'armoire du premier étage, elle sortit sa valise et s'immobilisa un instant.

    L'appareil photo et les objectifs étaient toujours là, rangés dans un grand sac kaki.

    La jeune femme le saisit et y jeta les films qu'elle avait acheté la veille. Elle s'occupa ensuite de recharger son flash; elle ne pensait pas qu'il lui serait utile, pas plus que son pied de voyage, mais elle décida cependant de les emporter l'un et l'autre.

    Gaëlle renonça à emporter des bagages trop encombrants. Il lui fallait quelque chose de léger pour le cas où elle n'aurait pas le temps de passer à l'hôtel auparavant, des sacs qu'elle pourrait porter à l'épaule.

    De toute façon, pour un seul jour......

    Elle remplit l'assiette de Minou à ras bord au cas où Vincent l'oublierait et elle laissa un petit mot sur la table de la cuisine.

    Il ne lui restait plus qu'à attendre Arthur car c'était lui qui devait la déposer à l'aéroport ce matin, il avait d'ailleurs quelques minutes de retard.

     

    Gaëlle était nerveuse, si son père n'arrivait pas tout de suite, elle se demandait si elle aurait encore la force de quitter sa maison....... Elle pensait qu'elle laissait le confort d'une vie bien rangée pour l'inconnu.

    Si elle franchissait cette porte, elle ne pouvait prévoir ce qui arriverait ; peut-être ne pourrait-elle même plus remettre les pieds ici .

    La pile de revues était toujours entassée près du téléphone, elle y posa les yeux et vit le sourire de Thomas, à ce moment là retentit deux coups de klaxons, sa décision était prise , elle partait !

    Gaëlle sortit dans l'allée en courant et monta dans la voiture en essayant de penser le moins possible !

    Arthur questionna :

    -Ça va ma fille !?

    -Démarre papa, vite, vite... avant que je ne change d'avis !

    La jeune femme préféra n'échanger aucun mot durant le trajet, comme si le simple fait de parler avait pu altérer sa détermination. Elle concentra son regard sur la route, et continua à faire le vide dans sa tête.

    Ils roulaient depuis une bonne dizaine de minutes, lorsqu'ils aperçurent au loin les bâtiment de l'aéroport.

    Gaëlle consulta sa montre et vit qu'elle retardait, et pas d'un peu ! Il était en effet onze heure à l'horloge de la voiture lorsqu'il pénétrèrent dans le parking mais la montre de la jeune femme, elle, indiquait 8h45.

    Elle paraissait pourtant fonctionner normalement, sauf que les aiguilles refusaient obstinément de bouger.....

    La jeune femme l'enleva de son bras, la secoua......ça y est, elle redémarrait enfin....

    Gaëlle la remit à son poignet, modifia l'heure et ne s'en préoccupa plus, elle avait d'autres sujets de tracas en ce moment pour prêter attention à ce détail......

    Le petit aéroport débordait en effet de monde en ce début septembre, Gaëlle, qui ne supportait que très moyennement la foule, se sentit légèrement mal à l'aise, elle s'efforça néanmoins de ne pas le montrer.

    Il fallait qu'elle se reprenne, si elle avait déjà du mal à entrer dans ce hall autant retourner tout de suite chez elle !

    Son père l'aida à faire enregistrer ses bagages et la quitta devant la porte donnant accès aux fouilles.

    -Et bien voilà ! dit Gaëlle, je suis peut-être en train de commettre la pire bêtise de toute ma vie !

    Tu peux me dire ce que je vais faire là-bas ?

    -Des photos, quelle question ! répondit Arthur

    La jeune femme sourit

    -Au revoir papa !

    elle l'embrassa et se dirigea doucement vers la porte à reculons

    -Oh ! Essaye d'aller voir Vincent, je crois.... Je crois qu'il va avoir du mal à me pardonner.

    -De quoi ? de devoir pour une fois préparer son repas lui-même ?

    -Je t'aime papa !

    -Fais mes amitiés à Thomas Robin, tu as bien potassé ton anglais au moins !

    Gaëlle lui fit un geste de la main qui voulait dire « sans commentaire » et elle passa la porte.

    Elle passa ensuite dix bonnes minutes à la fouille à déclencher sans raison l'alarme, au bout de cinq passages et d'une inspection en règle, elle fut enfin autorisée à rejoindre le petit hall d'embarquement.

    Décidément ça commençait bien !

    De l'autre côté de l'immense baie vitrée étaient alignés

    une dizaine d'avions, tous de la même compagnie .

    Gaëlle pensa que cet endroit ressemblait davantage à une gare qu'à un aéroport et s'en réjouit, il n'y avait qu'une seule porte d'embarquement, il y avait déjà moins de risque de se tromper .

    Elle attendit de longues minutes interminables en pensant à Vincent qui devait prendre sa pose de midi mais, en y réfléchissant bien, il devait simplement grignoter son sandwich tout en continuant de travailler, son mari ne faisait jamais de pose !

    L'embarquement de son vol commença enfin ! Gaëlle pu enfin approcher l'engin qu'elle redoutait tant : l'avion 

    Elle trouva une place à côté d'un hublot. 

    Pourquoi l'avait-elle choisie, alors qu'auparavant,

    elle se serait cru incapable de regarder le sol s'éloigner sans éprouver un sentiment de panique mais là, au contraire, elle se sentait soulagée, comme si quitter la terre ferme l'arrachait momentanément à ses problèmes et puis, elle avait bien d'autres raisons de paniquer en ce moment !

    Bientôt, elle se retrouverait de l'autre côté de la Manche, seule dans un pays qu'elle ne connaissait pas, à tenter.......mais à tenter quoi au fait ? D'approcher Thomas Robin, ce serait déjà probablement impossible ......mais ensuite, si elle y arrivait, que ferait-elle ?

    Il lui aurait été déjà difficile de trouver les mots en français alors dans une autre langue !

    Elle n'avait d'ailleurs trouver aucune formule pour cette circonstance dans la méthode « apprenez l'anglais en vingt jours » .

    Il est vrai qu'elle n'avait étudié son bouquin que quinze jours.

    C'était peut-être suffisant pour arriver à se commander à manger mais pour le reste ........

    L'avion survolait à présent la mer . Gaëlle accepta le café proposé par l'hôtesse et retomba immédiatement dans ses pensées. Il devait bien y avoir un moyen.... oui, Il y avait certainement des centaines de moyens d'être prise pour un folle et de passer le reste de la journée dans un poste de police !

    Tout cela était ridicule, elle n'était même pas sur de pouvoir se faire comprendre pour obtenir un simple autographe.

    Elle répéta cependant mentalement

    -Hello Thomas Robin, my name is Gaëlle......ça lui ferait une belle jambe !

    How are you ? C'est évident, il allait très bien !

    I would like to speak with you ...... et puis quoi dire ?

    You are in great danger?

    C'était complètement stupide, et de plus, avec son accent, il n'avait pas fini de rigoler ! Si même il parvenait à la comprendre !

    D'ailleurs, elle ne savait même pas s'il était réellement en danger. Comment dire en anglais, peut-être ......éventuellement... ...mais ce n'est pas sûr.......mais on ne sait jamais ........

    En fait, elle n'avait qu'un maigre espoir : une lettre qu'elle lui avait rédigée en écrivant de la main droite tout en tenant le dictionnaire français-anglais dans la gauche.

    Si elle pouvait lui passer ce papier .........mais s'il ne la croyait pas....tant pis, il fallait qu'elle essaye quand même.

    La jeune femme regardait depuis plusieurs minutes déjà la campagne anglaise s'étaler sous ses yeux lorsque enfin elle comprit que l'avion commençait sa descente vers l'aéroport de Stansted.

    Depuis plusieurs minutes déjà le voyant lumineux indiquant d'attacher sa ceinture était rallumé. Gaëlle, bien évidemment s'était bien gardée de détacher ce qui lui paraissait être son unique protection dans cet amas de ferrailles. Elle se demanda pourquoi l'hôtesse, au lieu de rassurer les passagers, passait cinq bonnes minutes en début de vol à indiquer ce qu'il fallait faire en cas d'accident.

    Gaëlle n'avait pas réussi à comprendre où se trouvait le fameux masque qu'elle devait apparemment placer devant son visage lorsque tout espoir était perdu et elle s'en trouvait quelque peu contrariée.

    Elle avait été pourtant presque la seule à faire attention aux explications du personnel de bord mais à quoi cela pouvait bien lui servir puisqu'elle n'avait même pas compris où se trouvait ce fichu masque !

     

     

     

  • Retour de l'île de Bréhat

     

     

    10111 Bréhat

    Rien ne vaut un décor de rêve pour  créer Clin d'oeil.

    Je vous offre quelques images qui vous décideront peut-être à visiter ce lieu magique . Sourire

     

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    "L'Ecorce d'Or " : premiers points de vente indiqués dans notre colonne de gauche Sourire

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    Foire du livre de Namur

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    Michelle y sera bien sûr avec Thomas Robin et l'Ecorce d'Or Sourire

     

     

     

     




     

  • Le Miroir : partie 7

     

     

    Le Miroir

    partie 7

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    Chapitre VII : Vincent

     

    Suite à cette décision, Vincent s'était donc retrouvé à la veille du week end avec Minou pour seule compagnie.

    Après son coup de fil à Edith et la découverte du magazine consacré au jeune acteur, il était resté plusieurs heures, prostré dans son fauteuil à essayer de comprendre, il avait lu et relu chaque revue dans l'espoir de trouver un indice mais tout cela n'avait aucun sens !

    Pourquoi sa femme qui ne parlait aucune langue étrangère et qui n'était de plus jamais partie sans lui ......Pourquoi, et surtout comment avait-elle pu concevoir de voyager seule !

    Elle n'arrivait même pas à entrer dans un grand magasin le samedi ......Elle ne supportait ni la foule, ni l'enfermement.....

    Comment avait-elle fait dès lors pour se rendre seule en Angleterre ?

    Il ne voyait qu'une seule solution : elle n'était pas partie seule !

    Mais qui !

    Vincent se découvrait jaloux mais surtout il était furieux.

    Comment avait-elle pu lui faire ça !

    Non ! Ce n'était pas possible, c'était une plaisanterie, oui, c'était cela....... Il était impossible qu'elle soit partie à Londres.

    Gaëlle et sa cinglée de mère lui avaient fait une blague, elles devaient bien rire en ce moment.

    ll lui avait préparé un beau discours pour le moment où elle se déciderait enfin à rentrer, car elle allait rentrer n'est ce pas ?

    Vincent n'était cependant pas complètement abandonné, il lui restait quand même le chat , celui-ci, installé sur ses genoux, enfonçait joyeusement ses griffes dans son pantalon tout en ronronnant, mais, cela ne suffisait pas à lui remonter le moral !

    Il n'avait pas envie de rester là, mais où aller ?

    Il pourrait peut-être dormir chez ses parents mais voilà, il passerait pour un parfait idiot car bien évidemment, sa mère téléphonerait immédiatement à Edith.

    Bizarrement, ces deux- là s'entendaient comme larrons en foire, probablement parce qu'elles pouvaient se montrer aussi médisantes l'une que l'autre !

    Si au moins, il avait eu une maîtresse, mais non, même pas ! Pourquoi, n'avait-il pas répondu aux avances de Claire, cette charmante cliente qui lui faisait toujours un si joli sourire en se penchant légèrement vers lui sous prétexte de regarder ce qui était écrit sur l'écran de son ordinateur......

    Comme il avait été stupide de ne pas en profiter !

    Il était vingt heures et sa femme n'était toujours pas là...

    Il reçut cependant, un peu plus tard, une visite ; c'était Arthur, celui-ci n'avait pas pour Vincent la même antipathie qu'Edith et pensait qu'on ne pouvait le laisser sans explication.

    Ils étaient installés tous les deux dans le salon, le père de la jeune femme tentait d'expliquer à son gendre les raisons du départ de Gaëlle, mais ça n'était pas gagné comme en témoignaient les yeux ronds et la bouche ouverte de Vincent !

    -Vous essayez de me faire croire, que ma femme est partie pour chercher un gamin qu'elle ne connaît absolument pas ? Parce qu'elle croit qu'il est en danger ?

    Quel dommage que cette actrice américaine....Ah ! comment s'appelle- t-elle déjà ?......vous savez, celle qui s'est fait refaire la poitrine.... ..et plusieurs fois d'ailleurs, et bien, c'est bien dommage qu'elle ne m'ait jamais appelé à l'aide dans mes rêves .....je serais sûrement en ce moment même à Hollywood !

    Il poursuivit.

    Vous êtes un inconscient Arthur ! Vous auriez dû l'emmener chez un psychiatre et pas lui acheter un billet d'avion !

    Arthur riposta.

    -Vous n'avez même pas remarqué qu'elle allait mal, vous êtes très mal placé pour donner des leçons !

    -Elle ne m'a parlé de rien, jamais !

    -Quand on aime, il n'est pas forcément besoin de parler....

    -Qu'est ce que vous sous- entendez?

    -Que vous considérez Gaëlle comme un bien acquis, que vous pensiez la connaître, mais voilà, la femme avec qui vous vivez n'est pas l'image parfaite que vous souhaiteriez, c'est un être humain .....et elle a le droit de commettre des erreurs.....même si je ne suis pas persuadé que son départ soit une erreur.....mais ça, c'est une histoire entre ma fille et moi !

    La voix d'Arthur se fit soudain suppliante.

    -Un jour, Vincent, rien qu'un misérable jour, elle est de retour demain. Est-ce trop lui accorder !

    Vincent éclata de rire, un rire sans joie,manifestation d'un orgueil bien plus blessé qu'il ne voulait le laisser paraître

    Arthur se leva prêt à partir.

    -Ma fille n'a pas besoin de vous, Vincent, ma fille n'a besoin de personne ! Mais j'y pense.....

    Je suis venu chercher Minou, ma femme a peur que dans votre chagrin immense, vous n'oubliez de le nourrir.

    -Ne touchez pas à mon chat !

    Il m'est fidèle, lui au moins ! Il ne s'est pas taillé à Londres à la recherche d'une star de cinéma ! Ouille !!

    Il s'était levé brusquement sans s'apercevoir que son chat était revenu se coucher sur ses genoux, Minou en dégringolant avait tenté de se raccrocher d'où la douleur de Vincent !

    Arthur sortit en claquant la porte

    Vincent massa sa jambe en lançant un regard noir sur les couvertures de magazines.

    Comme il haïssait ce gamin en ce moment !

    Comment sans rien faire, avait-il su pousser sa femme à affronter toutes ses peurs, simplement parce qu'elle pensait que peut être, éventuellement, il risquait de lui arriver quelque chose!

    -Espèce de sale petite ordure, murmura- t-il, le seul danger qui puisse un jour t'arriver, c'est que je te rencontre et que je te mette mon poing dans la figure !

    Mais comme ça ne risque pas de se produire .......

    Vincent pensa qu'il aurait mille fois préféré qu 'elle parte avec Paul !

    Il continua tout bas.

    -Lui au moins j'aurais pu lui mettre mon poing dans la figure.....Ce que j'ai envie de faire depuis bien longtemps d'ailleurs !

    Mais c'était sûr, Gaëlle n'aurait jamais fait le dixième de ce qu'elle venait d'entreprendre ni pour lui, ni pour Paul ni pour personne, sauf pour ce sale gosse, ce sale gosse pour qui elle n'était rien !

    -Après tout, qu'elle aille la trouver « LA STAR », si ça l'amuse de passer pour une idiote !

    Le ridicule ne tue pas, c'est ce qu'on dit !

    Il attrapa les revues et les jeta de rage dans le feux ouvert. Vincent regretta aussitôt son geste inutile.

    A quoi ça l'avançait de détruire l'image de ce gamin, çà ne le ferait pas disparaître, lui ! Et de plus, çà ne lui rendrait pas sa femme, celle qu'il avait connue jusqu'à présent, quelqu'un d'équilibré et de raisonnable.

    De plus, il lui semblait que Thomas Robin, réduit en cendres prenait plus de pouvoir encore, comme si devenu fantôme, il imprégnait chaque parcelle de la maison jusqu'au cœur de Vincent qui se sentait à présent encore plus accablé.

    Comment pouvait-on partir comme cela ,sans prévenir, simplement parce qu'on avait fait un mauvais rêve !

    Comment avait-elle pu mettre en péril ce qu'ils avaient construit pour quelqu'un qui ne leur était rien, pour une image sur papier glacé, un sale gosse plus riche à douze ans qu'ils ne le seraient jamais, un gamin qui avait tout.

    Il se mit à souhaiter qu'il lui arrive réellement quelque chose......

    Cependant.........

    Une heure plus tard, Vincent avait été cependant amené à revoir quelque peu sa position au sujet de sa femme et de ce qu'il appelait sa trahison !

    Il était maintenant, davantage prêt, à se montrer magnanime.

    Il devait pardonner !

    Cette vérité lui paraissait de plus en plus évidente, il avait en effet découvert que réchauffer une pizza au micro onde n'était pas une bonne idée et il se voyait obligé de se passer de dîner vu que Minou, loin d'avoir vidé son assiette, avait préféré voler sur la table de la cuisine, le poisson qu'il avait sorti du frigo en remplacement de la pizza.

    Il avait couru après le chat, l'avait menacé de mort, mais Minou, grimpé, hors d'atteinte au sommet du buffet, l'avait regardé avec mépris, les yeux du matou semblaient dire :

    -Quel con celui-là !

    Non décidément, Vincent ne pouvait se montrer rancunier !

    Gaëlle avait fait une bêtise c'était sûr, mais elle au moins n'avait jamais sauté au sommet de l'armoire avec le repas du soir

    -Reviens ici sale chat !......

    Vincent essaya de le pousser avec une latte

    Minou cracha et sauta du buffet en emportant avec lui le reste de poisson.

    Vincent essaya de se calmer appuyé contre l'évier.

    C'est alors qu'il constata, à son grand étonnement, que sa femme n'avait pas lavé les tasses, couverts et assiettes de la veille, la vaisselle commençait à s'entasser et semblait dire :

    -Lave-moi Vincent.......lave-moi

    C'en était trop !

    Il allait passer l'éponge !....Euh ! sur l'égarement de Gaëlle bien sûr, pas sur ces tasses, couverts et assiettes de la veille .....ceux-là, attendraient bien le retour de sa femme....car elle allait revenir....n'est-ce pas ?

    Il était le plus malheureux des hommes, il préféra donc abréger ses souffrances en montant se coucher.

    Arrivé en haut de l'escalier, il entra dans sa chambre et fut pris d'un nouveau sentiment de découragement en voyant Minou installer sur le couvre lit en train de déguster son larcin.

    Vincent préféra l'ignorer, il se coucha tout habillé dans son lit et s'endormit immédiatement.

    A peine eut-il fermé les yeux qu'il fut emporté comme Gaëlle dans un monde de cauchemars ; les siens étaient cependant assez différents bien qu'il rêva lui-aussi de Thomas Robin. Cet espèce de.......comme il aimait le répéter (mais mieux vaut taire le nom) entrait dans sa banque avec l'intention d'y déposer toute sa fortune. Il sortait de sa poche des piles et des piles de billets qu'il déposait sur le comptoir mais arrivait belle-maman (qui d'ailleurs n'avait rien à faire dans son établissement puisqu'elle avait déposé ses avoirs chez un concurrent !) Elle expliquait à l'acteur que son gendre n'était qu'un radin malhonnête et qu'il ferait beaucoup mieux de confier son argent à Paul......

    et voilà que tous ses clients apparaissaient , l'air menaçant. Monsieur Leroy exigeait la clôture de ses comptes et voici que Minou réclamait lui- aussi la même chose...... mais Vincent commençait à douter ......Minou avait-il vraiment un compte dans sa banque. Ce fut cette réflexion qui le réveilla ...

    Il consulta son réveil, il était 10h45 et Minou ronflait paisiblement à ses pieds .Comment avait-il fait pour dormir si longtemps !

    Il se leva en prenant bien soin de ne pas réveiller le chat. Avec un peu de chance, il pourrait peut être trouver quelque chose à manger dans le congélateur mais s'il voulait que cette chose arrive dans son estomac, mieux valait laisser Minou dormir !

    Une demi-heure plus tard, une assiette sur les genoux, il s'installait tranquillement devant la télévision.

    Il alluma son poste et tomba par hasard sur un feuilleton stupide où un abruti venait de se faire larguer par sa femme.

    -Toutes les mêmes ! pensa Vincent tandis qu'il mangeait distraitement en se demandant si John faisait bien de pardonner à Paméla qui venait finalement de quitter Jason lequel se consolait depuis cinq minutes dans les bras de Samantha !

    Il était si absorbé, qu'il ne remarqua pas tout de suite qu'un communiqué de presse défilait dans le bas de l'image. Lorsque enfin son regard se posa dessus, il fallut dix bonnes minutes pour qu'il réalise enfin......

    Il se leva alors d'un bond, l'assiette tomba par terre et se brisa, Vincent était blême !

     

     

  • Le Miroir : partie 6

     

     

    Le Miroir

    partie 6

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    Chapitre VI : la décision

     

    Gaëlle avait essayé de mélanger les somnifères aux petites pilules bleues mais ça n'empêchait pas les rêves. Elle n'y voyait plus Thomas pour le moment, c'était déjà ça..... mais dans son sommeil, elle arpentait des couloirs sans fins qui tournaient à droite, à gauche, qui montaient parfois ou descendaient.

    Elle avait l'impression de répéter chaque nuit plusieurs fois le même parcours.

    Elle était exténuée le matin d'avoir tant marché même si ce n'était que mentalement et n'osait même pas fermer les yeux pour une petite sieste durant la journée.

    Elle avait pensé s'occuper du jardin qui en avait grand besoin pour se changer les idées mais elle n'en avait finalement aucune envie. Elle était soulagée lorsque Vincent partait le matin. Il devait être heureux dans son train- train monotone, du moins, il en avait l'air.

    Gaëlle lui en voulait, était-il à ce point aveugle ou avait-il simplement cessé de la regarder pour ne pas s'étonner des larges cernes qui soulignaient à présent son regard bleu.

    Elle n'avait plus envie de cuisiner et le laissait parler seul le soir à table en espérant que le repas se termine rapidement afin d'abréger ce tête-à- tête qui lui pesait à présent. En fait, et c'était très bizarre, elle aurait préféré être seule en ce moment. Elle n'aurait pas eu besoin de faire semblant que tout allait pour le mieux.

    La date du cinq septembre lui martelait la tête.

    Elle voulait aller à Londres, elle devait aller à Londres.....

    Elle passait des heures à se persuader que tout cela était insensé, à se prouver par A+B qu'elle n'avait rien à faire là-bas, que bien évidemment, personne n'avait besoin de sa présence, que Thomas Robin était en parfaite sécurité et que par-dessus tout, il n'était en aucune façon lié à elle. Qu'est ce que ça pouvait bien lui faire ce qui pouvait lui arriver après tout. Il n'était pas de sa famille,

    Et d'ailleurs, elle s'en fichait complètement.

    Alors, arrivait le soir qui voyait une Gaëlle déjà moins rassurée monter se coucher, Oh ! pas avant une heure du matin, elle voulait être sûre que Vincent dorme déjà.

    Elle n'avait envie ni d'échanges amoureux en ce moment, ni de l'entendre lui raconter sur l'oreiller ses ennuis de la journée. Vincent avait proposé à Gaëlle de prendre quelques jours de vacances au milieu du mois d'août. La jeune femme avait proposé l'Angleterre, Londres peut-être...... et d'ailleurs pourquoi ne pas plutôt y aller début septembre....tiens, le 5... Oui bien sûr c'était la rentrée ....mais bon , elle essayerait de s'arranger.... N'est-ce pas mon chéri ?

    Vincent s'était donc empressé de louer à un ami un petit studio pour passer la dernière quinzaine du mois d'août dans le midi de la France !

    -Tu veux y aller depuis si longtemps ma chérie.....

    La jeune femme lui avait lancé un regard noir qu'il n'avait tout simplement pas remarqué.

    -Ne me remercie pas mon amour, tout ça c'est pour te remercier de tout ce que tu fais dans cette maison et puis parce que je t'aime bien sûr !

    Ils étaient donc partis pour la région Nice Côte d'Azur et Gaëlle devait avouer que ce changement lui avait finalement fait le plus grand bien.......Enfin, jusqu'au dernier soir !

    Elle était pourtant montée se coucher ce soir là sans arrière pensées. Le soleil, les grillons, les grasses matinées et les fenêtres perpétuellement ouvertes sur une nature calme et paisible avaient eu raison de ses angoisses et elle n'était pas loin de penser : Thomas... qui ? Comment dites-vous ? Robin ?... désolée, jamais entendu parler !

    Hélas bien sûr c'était trop beau pour durer.....bien trop beau !

    Cette nuit, elle parcourait de nouveau les fameux couloirs ou souterrains qu'elle commençait à connaître par cœur .

    Quelque chose lui semblait cependant très bizarre, elle avait l'impression de marcher depuis longtemps pourtant la montre à son poignet indiquait toujours la même heure 8H 45, la petite trotteuse avançait pourtant le long du cadran, mais rien à faire, il était toujours 8h45.

    Gaëlle entendit soudain un grand bruit.

    Elle pensa que quelque chose venait de s'écrouler, le plafond peut-être ?

    Elle leva les yeux et vit qu'une multitude d'éclats de verre lui tombait dessus.

    Elle se jeta sur le sol, les bras au- dessus de la tête,

    mais aussi curieux que cela paraisse, les débris lui tombaient dessus sans la blesser......

    Puis soudain, tout cessa !

    Gaëlle se releva et constata à son grand étonnement qu'elle n'avait aucune coupure.

    Elle se retourna...... Le spectacle qu'elle vit la pétrifia ! Derrière elle, à quelques mètres, gisait un jeune garçon, et même d'où elle se trouvait, elle pouvait voir que les morceaux de verre l'avaient blessé et qu'il ne bougeait plus !

    Pourquoi la pluie d'éclats l'avait épargnée et pas lui !

    Gaëlle s'approcha en tremblant, paniquée devant ce qu'elle allait découvrir....

    Ses yeux s'agrandirent d'horreur .....

    Le jeune garçon portait un jean déchiré au-dessus du genou droit et un pull-over rouge !

    Gaëlle se réveilla à ce moment là, elle était en état de choc, elle ne pouvait décoller de sa mémoire l'image de Thomas, Thomas le petit garçon si souriant..... Thomas...... était-il ...

    Non, ce n'était pas possible ! .....

    La jeune femme mit plusieurs minutes à se rendre compte que ce qu'elle venait de vivre n'était qu'un rêve.

    Elle n'était pas dans un couloir sombre, elle était dans son lit, le soleil faisait glisser sur elle ses premiers rayons et Vincent à côté d'elle se retournait en émettant un léger grognement. Tout était paisible, si paisible.

    Comment aurait-elle pu savoir, qu'au même moment, dans le quartier d'Hampstead, un jeune garçon se réveillait lui aussi en sursaut.......

    Le lendemain, les Durant rentrèrent et Vincent reprit son travail.

    Gaëlle avait eu l'occasion de revoir l'affiche du film, celle que sa mère lui avait montrée, normal, la sortie du « Miroir » approchait et on en faisait la publicité partout.

    La jeune femme ne la supportait plus !

    Elle ne pouvait oublier le corps inerte de Thomas au milieu des débris argentés.

    Elle avait emprunté à la bibliothèque tous les livres offrant un apprentissage rapide en anglais.

    Elle voulait arriver à parler la même langue que le petit garçon. C'était sa seule motivation, arriver à maîtriser, même un peu, ce maudit « apprenez l'anglais en vingt jours »

    Les magazines où il était question de Thomas Robin commençaient à s'empiler sur la table près du téléphone et chaque jour, elle se connectait sur le site canadien pour prendre des nouvelles de l'acteur. Il fallait qu'elle soit sûre qu'il ne lui était rien arrivé, qu'il était vivant !

    Elle apprit qu'il était rentré en Angleterre depuis quelques jours. Les photos qu'elle visionnait lui montraient toujours le même sourire, toujours les mêmes yeux bleus, des yeux grand ouverts sur un monde qui ne lui était sûrement pas hostile.

    Gaëlle doutait, se rassurait, il allait bien, il ne lui arriverait rien, c'était elle qui devenait folle, il fallait qu'elle consulte quelqu'un au plus vite !

    Elle se décida finalement à appeler un spécialiste en maladies mentales hautement renommé dans la région : Le docteur Leroy ; le fameux Leroy pour lequel Vincent avait fait des heures supplémentaires le fameux dimanche.....

    Elle tomba sur une secrétaire à la voix particulièrement aiguë.

    -Un rendez-vous, madame Durant, aucun problème..... ;

    disons.....Le 4 janvier à 9h ?

    -Le 4 janvier à 9h, répéta Gaëlle incrédule, je vais très mal, vous ne pouvez pas me recevoir dans 5 mois !

    -Hélas, chère madame, l'agenda du docteur est complet jusqu'au mois d'août de l 'année prochaine, vous bénéficiez là d'une faveur ......

    Gaëlle regretta un instant de ne pas être à la place de Minou. Elle était toujours parvenue à faire soigner son chat le jour même en cas de maladie.

    Il faut dire que monsieur Manet, le vétérinaire, réglait souvent le problème de cette manière : une petite piqûre et Minou repartait bon pied, bon œil....en haïssant monsieur Manet bien sûr !

    La jeune femme aurait aimé que son problème se règle avec une petite piqûre et elle, c'est Monsieur Leroy qu'elle haïssait en ce moment.

    Elle avait envie de commettre un meurtre mais elle se contenta pourtant de répondre....

    -Vous vous fichez de moi !!

    -Bien sûr, continuait la secrétaire imperturbable, de sa petite voix agaçante, si le docteur doit vous revoir par la suite, vous devrez patienter jusqu'au mois de mai

    -De l'année 3020 !

    -Mais madame......

    -Laissez tomber.....clac ! Gaëlle raccrocha encore tremblante de colère.

    Elle en voulait presque plus à Vincent du service rendu à ce Leroy qu'à ce fameux docteur au carnet de rendez-vous si chargé.

    Le destin semblait décidément contre elle.

    La seule solution qu'elle trouva à son problème fut de descendre à la cave où était entassée une collection de crus millésimés, collection de son mari

    Il lui avait tellement fait de recommandations sur la position exacte que devait avoir chaque bouteille : l'inclinaison, la température etc...etc... qu'elle n'avait même jamais osé s'en approcher.

    Mais là, elle fit plus que cela, elle saisit l'une des bouteilles au hasard et lut l'étiquette.

    -Parfait !

    Après les somnifères et les pilules bleues, pourquoi pas l'alcool, que pouvait-il lui arriver de pire de toute façon, voir des éléphants roses ? Au moins, ça la changerait !

    Elle s'installa au salon et déboucha la bouteille.

    Un quart d'heure plus tard, Gaëlle était complètement ivre et il faut le dire momentanément satisfaite de l'être !

    Mais on frappait à la porte ou peut-être était-ce ce marteau qui commençait à lui marteler le crâne.

    La porte s'ouvrit, quelqu'un était entré.

    -Gaëlle !!

    Pourquoi cet homme avait-il crié si fort, elle avait si mal à la tête... et puis surtout, pourquoi cet homme était-il son père.. Oh ! non pitié pas lui !

    -Pa.....Papa

    Arthur regardait sa fille incrédule.

    Elle par contre le distinguait à peine, était-ce à cause de ce brouillard qui avait subitement envahi la pièce ?

    -Ma parole, tu es complètement saoule !

    -Quel....quel sens de l'ob...observation,

    répondit péniblement Gaëlle

    L'homme s'avança et prit la bouteille.

    -Et pas avec n'importe quoi, tu fêtes quelque chose ?

    -Oui, je...je.. suis folle, folle à lier....ça se fête non ! Tu....tu voulais quel...quelque chose ?

    -T'inviter à déjeuner à la maison, Edith pensait que ce serait une bonne idée, elle s'inquiète et maintenant, je

    comprends pourquoi !

    Ça ne va pas avec Vincent ?

    -Vin....qui ?

    -Ton mari !

    -ah ! oui, c'est vrai, j'ai un mari !

    -Je veux que tu m'expliques immédiatement ce qui se passe et ne me raconte pas de salades.....je vais faire du café .....très fort !!

    En autre temps, son père aurait certainement été la dernière personne à qui elle aurait confié ses problèmes. Mais voilà, la caféine ne l'avait pas encore totalement dégrisée et c'est pourquoi, elle lui déballa tout depuis le début.

    Un long silence suivit ses paroles, ce fut Arthur qui le rompit.

    -Tu dois y aller !

    -Je dois y aller ?

    -Tu dois aller là-bas, il n'y a pas d'autre solution.

    -Tu plaisantes ?

    -Tu n'es pas folle, j'en suis sûr !

    D'ailleurs, dit-il en souriant, Jamais un fou ne se soûlerait à ce point .........Et tu sembles intimement persuadée qu'il faut que tu sois à Londres durant la sortie du film « Le Miroir » ça devient même une obsession !

    Et bien, va donc à Londres, tu te rendras compte sur place !De toutes façons, il n'y a que deux solutions si tu vas là-bas : soit il se passe quelque chose, soit il ne se passe rien !

    -Papa, il est impossible qu'il se passe quelque chose, ce n'est pas réaliste...

    -Qui te parle de réalisme ?

    C'était réaliste de voir le reflet de ce garçon dans l'eau ? C'était réaliste de faire ces rêves ?

    Tu ne l'as pas inventé ce Thomas Robin, il existe bel et bien !

    La question est de savoir pourquoi tu rêves de lui !

    Qui sait, peut-être que c'est ton horloge biologique.....ça signifie peut-être simplement ton désir d'enfant....

    Gaëlle riposta

    -Et c'est pour cela que je l'élimine à coups d'éclats de verre ?

    Arthur continuait

    -Ecoute ma fille, la vie commune avec Vincent, à cause de tout cela, est devenue difficile, un petit éloignement vous fera du bien ! Je parie qu'en une seule journée, il se rendra compte de la chance qu'il a de t'avoir et toi....et bien toi, ça te permettra peut-être d'y voir plus clair !

    Dés lors, pourquoi ne pas aller à Londres !

    -Mais je ne peux pas, mon travail !

    Tu crois que si tu rentres dans cet état, Monsieur Pichet(Il sourit en regardant la bouteille) il porte bien son nom celui-là, enfin bref, tu crois qu'il va te garder !

    Gaëlle semblait abasourdie par le discours de son père, elle ne l'aurait jamais cru capable de lui parler ainsi

    -Je me charge de trouver une excuse plausible à présenter à ton directeur ! ..... et, toi, occupe-toi de trouver un hôtel.

    Ah !.....Il faudra aussi que je réserve ton billet.....

    -Un billet.....mais de quoi ?

    -Mais d'avion pardi ! Je crois qu'il y a une compagnie qui relie l'aéroport de Stansted à moindre frais, mais là, tu devras prendre le train !

    -Le train....l'avion..., mais c'est impossible, j'ai horreur de ça !

    -C'est déjà un début, au moins tu paniques pour quelque chose de réel.

    -Jamais je ne pourrai faire cela, je ne suis jamais partie seule, jamais je ne pourrai me débrouiller à l'étranger !

    -Oh ! mais si tu pourras, ce sera d'ailleurs un très bon test, voilà ce qui t'a perdu jusqu'à présent, ton manque de confiance en toi !

    Et puis, c'est mieux que de vider la cave de Vincent !

    Gaëlle semblait perdue dans ses pensées.....

    Arthur paraissait avoir envie d'ajouter quelque chose....

    Il se décida enfin.

    -Tu sais, ma chérie, toi et moi, on est des artistes, c'est parfois un terme péjoratif, mais ça veut dire qu'on est peut-être un peu plus sensible que les autres.

    -Et alors ?

    -Je me pose souvent des questions .....tu sais, sur la vie, le pourquoi...enfin des bêtises quoi !

    Bref, qui peut savoir le lien qui te lie à Thomas Robin ?

    Oh ! bien sûr, tu vas me dire, c'est stupide, et c'est vrai que c'est stupide mais qui sait.......

    J'ai eu une vision, moi aussi, un jour.....

    -Toi ?

    -Oui, répondit Arthur, je n'en ai jamais parlé à personne bien sûr, j'avais peur de passer pour un illuminé......

    Mais, là où tu as vu le reflet de Thomas, juste au même endroit, dans le petit bassin pour poissons rouges.........

    J'ai vu une petite fille aux grands yeux bleus, mon reflet n'était plus là, il n'y avait plus que le sien !

    Gaëlle le regarda étonnée....

    Arthur poursuivit en souriant.

    -Tu est née dix mois plus tard, au mois de juin, alors qu'Edith et moi n'espérions plus avoir d'enfant ......

    C'est pour cela .......je pense qu'il doit y avoir malgré tout une raison à tout cela ,il faut donc que tu prennes l'avion, même si tu en as très peur et que tu te débrouilles seule !

    -La vérité, c'est que toi aussi papa, tu es fou, je ne l'aurais jamais cru mais finalement, ça doit être de famille ! 

    -Non, ma fille, j'ai simplement un esprit ouvert, peu cartésien !

    Oh ! Et encore une chose......je veux dire maintenant qu'il est acquis que tu vas à Londres.......tu vas me sortir de l'armoire l'appareil photo dont tu ne t'es plus servie depuis un an et tu vas me rapporter un reportage superbe !

    Il continua plus bas

    -Je sais que tu as déchiré les photos de l'expo et tu as eu grand tort....Elles étaient magnifiques....et tu n'as jamais été pistonnée pour cette salle !